Santé

H7N7, un nouveau virus aviaire potentiellement dangereux

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Le nouveau virus de la grippe H7N9 qui frappe actuellement la Chine n'a pas évolué seul. Des chercheurs ont retracé son parcours et ont montré qu'il s'était développé en parallèle avec un autre virus aviaire, appelé H7N7, capable d'infecter les mammifères en laboratoire.

D'après cette étude, les virus de la grippe aviaire de type H7 évolueraient chez le canard. Différents types de virus seraient transmis par les canards sauvages (ici, un représentant de l'espèce Anas platyrhynchos ou canard colvert) aux canards domestiques. Chez eux, ils se réassortiraient pour former de nouveaux virus potentiellement dangereux et transmissibles au poulet, et à l'Homme. © blmiers2, Flickr, cc by nc sa 2.0

De nouveaux virus de la grippe apparaissent régulièrement et inquiètent les autorités sanitaires du monde entier. Le plus récent, le virus aviaire H7N9, continue son chemin destructeur en Chine. Depuis le mois de mars 2013, il aurait déjà contaminé 135 personnes et en aurait tué 44 selon le dernier rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) datant du 11 août 2013.

Les virus de la grippe possèdent deux protéines de surface, l'hémagglutinine (H) et la neuraminidase (N). Ces dernières peuvent subir des mutations ou des réassortiments qui sont à l'origine des différents types grippaux. Le virus H7N9 est doté d'une hémagglutinine H7 qui lui permet de coloniser efficacement les voies respiratoires supérieures des oiseaux. Chez l'Homme, l'infection se traduit par une pneumonie aiguë et peut induire des insuffisances rénales sévères, voire mortelles.

Le virus aviaire H7N9 se propage parmi les volailles et peut infecter l'Homme. Cette nouvelle étude met en évidence une nouvelle souche, baptisée H7N7, qui serait potentiellement dangereuse et transmissible à l'Homme. © Padmanaba01, Flickr, cc by sa 2.0

Depuis l'apparition du H7N9 chez l'Homme, les scientifiques tentent de retracer le parcours du virus. Des chercheurs de l'université de Hong Kong ont étudié en détail les virus H7 de volailles chinoises. Leurs résultats, publiés dans la revue Nature, soulignent le rôle majeur des canards dans le réassortiment et l'évolution des virus de type H7. D'autre part, les auteurs ont montré que le virus H7N9 avait évolué en parallèle avec un autre virus, appelé H7N7, qui pourrait également être dangereux pour l'Homme.

Le canard, hôte privilégié de la genèse de nouvelles souches virales

Au cours de cette étude, les scientifiques ont effectué des prélèvements dans les intestins et le cou de plus de 1.300 oiseaux comprenant poulets, canards, oies, perdrix et cailles. Ils ont également récolté environ un millier d'échantillons d'eau et de fèces dans les marchés aux volailles situés dans les régions touchées par l'épidémie de grippe A H7N9. Près de 10 % des échantillons ont été déclarés positifs au virus de la grippe, dont 15 % étaient un virus de type H7. En séquençant ces virus, ils ont mis en évidence deux souches différentes, H7N9 et H7N7.

Mais comment ces deux types de virus aviaires sont-ils apparus chez les poulets ? En analysant les séquences en détail, les chercheurs sont parvenus à la conclusion que les canards étaient des hôtes de choix pour la fabrication de nouveaux virus. « Le canard domestique semble être un hôte intermédiaire clé, il peut contenir et maintenir différentes souches de virus et favoriser la génération de nouveaux variants », expliquent les chercheurs. Ainsi, le virus H7N9 serait une combinaison des virus de types H7N3,  H2N9 ou H11N9, et H9N2 ; alors que le H7N7 proviendrait des souches H7N7, H7N3 et H9N2. Chacun de ces variants serait transmis aux canards domestiques par des oiseaux migrateurs sauvages et atteindrait ensuite les poulets.

Contrairement au virus H7N9, le H7N7 n'a jamais été décrit chez l'Homme. Les chercheurs ont cependant voulu savoir s'il pouvait se transmettre aux mammifères. Pour cela, ils ont inoculé le virus à des furets, le modèle animal utilisé pour vérifier le pouvoir de contagion des agents grippaux. Leurs résultats sont préoccupants puisque tous les animaux se sont retrouvés malades en à peine 48 h. Après plusieurs jours, les auteurs ont pu repéré des particules virales dans différents endroits du corps comme le nez, la trachée, les poumons et les ganglions des animaux. « La menace pandémique s'étend donc au-delà du virus H7N9 », poursuit Yi Guang, le directeur de l'équipe de recherche.

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