Santé

L'Europe surveille l'évolution de l'épidémie de grippe aviaire

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Lors de leur réunion du 25 août à Bruxelles, des scientifiques et des experts en sciences vétérinaires ont reconnu qu'il n'est pas possible à l'heure actuelle de savoir si, et dans quelle mesure, la grippe aviaire est susceptible de se propager de l'Asie vers l'Europe.

Un poulet mort de cause inconnue dans une ferme indonésienne, le 17 mars 2005 Crédits : REUTERS/AHMAD/INDONESIA

La possibilité que la maladie soit transportée dans l'Union européenne par des oiseaux migrateurs est jugée préoccupante, et les gouvernements revoient actuellement les plans d'urgence prévus pour prendre en charge une épidémie potentielle. Aux Pays-Bas, toute la volaille doit dans l'immédiat rester enfermée ou dans des enclos protégés.

"Nous voulons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher la propagation de cette épidémie dévastatrice jusque dans l'UE. Nous continuerons d'effectuer un suivi rapproché de la situation afin de veiller à ce que les mesures de réduction des risques les plus appropriées soient en place", a déclaré Markos Kyprianou, le commissaire européen en charge de la Santé et de la Protection des consommateurs.

L'un des éléments les plus préoccupants est la capacité potentielle du virus de la grippe aviaire à muter et à affecter d'autres animaux et des humains. En Asie du Sud-Est, une cinquantaine de personnes sont mortes de cette maladie depuis le début de l'épidémie actuelle. Pour le moment, aucun cas de transmission d'humain à humain n'a été relevé. Les scientifiques surveillent l'évolution de la situation, et la fourniture appropriée et rapide de vaccins et de médicaments antiviraux fait partie du plan de préparation et d'intervention de l'UE destiné à gérer la maladie.

Le principal message ressortant de la réunion de Bruxelles est cependant celui d'un suivi accru. Les représentants de la Commission, qui ont demandé aux États membres d'intensifier leurs initiatives de suivi, mettront des fonds à leur disposition pour faciliter cette démarche. Les activités de suivi devraient inclure l'échantillonnage des gibiers d'eau migrateurs le long des voies migratoires, l'introduction de programmes de sensibilisation destinés aux agriculteurs et la surveillance de l'application des contrôles existants aux frontières externes de l'UE.

En termes de recherche, l'UE a déjà alloué 6,5 millions d'euros à plusieurs projets consacrés à l'étude des différents aspects de la grippe aviaire. Parmi ceux-ci figurent le développement de nouveaux vaccins, des études sur la transmission de la maladie parmi les oiseaux et aux humains, et la mise en place de méthodes de diagnostic améliorées. Plusieurs projets consacrés au développement de nouvelles technologies destinées à lutter contre une pandémie de grippe chez les humains font également l'objet d'un financement.

Les oiseaux issus d'élevage ou de captivité représentent une menace plus grande que les oiseaux migrateurs d'après la LPO. Il est dit que les oiseaux migrateurs sont les principaux vecteurs de propagation du virus de la grippe aviaire qui a atteint l'Asie centrale. Il est pourtant avéré que ce virus se propage essentiellement au sein des élevages. Le trafic d'oiseaux captifs, tant des espèces domestiques que sauvages, constitue le principal danger de propagation de la grippe aviaire quand les contrôles sanitaires ne sont pas stricts.

La LPO estime qu'il y a très peu de risques pour que les oiseaux migrateurs concernés par les foyers de la grippe aviaire rejoignent les pays d'Europe occidentale et la France au gré des migrations cet automne 2005. Les oiseaux migrateurs qui fréquentent notre pays et l'Europe occidentale sont surtout originaires du nord de l'Europe, de la Scandinavie, de la côte est du Groenland et de la Sibérie polaire. De nombreuses familles d'oiseaux font escale en Europe occidentale ou y séjournent en hiver : passereaux, pigeons, rapaces, oiseaux d'eau, anatidés et oies (comme la Bernache cravant), les limicoles comme les bécasseaux, les Grues cendrées... Les oiseaux migrateurs d'Asie centrale et orientale migrent vers le sud, soit vers l'Inde, la Thaïlande, par exemple et non pas vers l'Europe.

Dans l'immédiat, la LPO s'inquiète davantage de la contamination potentielle des oiseaux en provenance des animaleries et oiselleries (espèces exotiques), des élevages d'animaux domestiques de toutes sortes, dont les élevages de gibier. Ces derniers représentent plus de 10 millions d'oiseaux qui sont relâchés dans la nature chaque année en France (perdrix, faisans, caille et canards de plusieurs espèces).

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