Deux modifications ont été repérées dans des protéines de surface du virus H5N1 qui pourraient augmenter son pouvoir infectieux chez l'Homme.
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Des chercheurs ont passé au peigne fin des centaines d'échantillons de virusvirus H5N1, le responsable de la grippe aviairegrippe aviaire, prélevés sur des oiseaux tués par la maladie et sur des hommes contaminés. Leur résultat n'est pas rassurant : deux mutations ont été mises en évidence et touchent l'hémagglutinine, cette protéine qui permet au virus de s'accrocher aux cellules de sa victime. Sur le H5N1H5N1, elle est adaptée aux alvéoles pulmonairesalvéoles pulmonaires des oiseaux et se fixe mal dans les poumonspoumons humains. On pense que le virus ne deviendrait vraiment dangereux pour l'Homme que s'il trouvait le moyen de faire muter cette hémagglutininehémagglutinine afin de se fixer efficacement dans les voies respiratoires humaines.

Or, les deux mutations repérées par l'équipe américano-japonaise, menée par Yoshihiro Kawaoka, concernent justement des acides aminésacides aminés situés dans des sites de l'hémagglutinine pouvant servir à la fixation de la moléculemolécule sur les cellules de son hôte. De plus, ces mutations ont été découvertes uniquement sur les virus prélevés sur des êtres humains. Les 600 échantillons provenant d'oiseaux en étaient exempts.

La barrière des espèces pas encore franchie

Il n'est donc pas interdit de penser que ces changements de structure dans l'hémagglutinine ont permis à des virus d'infecter plus facilement des êtres humains. Par ailleurs, des travaux précédents ont montré que les récepteurs cellulaires qui pourraient servir d'ancrage au H5N1 sont situés dans les parties supérieures de l'appareil respiratoireappareil respiratoire humain. Le germegerme pourrait donc se propager par la toux ou les éternuements.

Pour inquiétante qu'elle soit, cette découverte n'est tout de même pas alarmante. Chez l'Homme, le virus ne peut devenir infectieux que s'il atteint les cellules dans les alvéoles pulmonaires, où la température est plus élevée que dans la trachéetrachée. De plus, pour devenir vraiment un vecteur de pandémiepandémie chez l'Homme, le virus a besoin d'autres mutations, car il ne suffit pas de mieux se fixer pour devenir plus dangereux. H5N1 attaque essentiellement les oiseaux. Les cas d'infection chez l'Homme restent rares : pour l'instant 258 cas dans dix pays.