Santé

Conférence sur le Sida : guérir la maladie, oui, mais quand ?

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Depuis ce dimanche se tient, à Washington, une conférence internationale de grande ampleur portant sur le Sida. Les objectifs des années à venir sont clairs : éradiquer la maladie. L'optimisme règne dans le monde de la recherche, même si les efforts à fournir restent importants. Le VIH a encore de longues années devant lui...

Les politiques menées dans la lutte contre le Sida ont montré que les efforts n'étaient pas inutiles. Ainsi, l'objectif des 15 millions de personnes sous trithérapies d'ici 2015, dans les pays en développement, est en bonne voie, même s'il n'a été réalisé qu'à hauteur de 54 % jusqu'à présent. Ces 15 millions de personnes ne représentent pourtant même pas la moitié des patients contaminés par le VIH... © Stephen Fuller, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

La lutte finale ne fait que commencer. Après une trentaine d'années de combat contre le VIH et la maladie qu'il cause, le Sida, le monde de la recherche commence à afficher son optimisme. Scientifiques, mais aussi personnalités politiques, médiatiques et militants anti-Sida de 190 pays se retrouvent au nombre de 25.000, à Washington DC, du 22 au 27 juillet, pour la XIXth International Aids Conference, un congrès majeur bisannuel traitant des mesures à prendre contre la maladie.

Dans les premiers temps de l'épidémie, les autorités préconisaient la prévention, avant que les traitements antirétroviraux ne démontrent peu à peu leur efficacité dans les années 1990. Dernièrement, l'objectif consistait à fournir les trithérapies à un maximum de patients des pays pauvres. L'accès aux soins progresse même si le chemin à parcourir est encore long. Pour cette année, les participants ont fixé la barre bien plus haut. Le thème principal : inverser la tendance de l'épidémie afin de parvenir à une génération sans Sida. Ou comment se donner les moyens d'éradiquer la maladie.

La nécessité d’une vraie thérapie curative contre le Sida

La communauté scientifique ne cache plus son espoir. Anthony Fauci, directeur américain du National Institute of Allergy and Infectious Disease (Niaid) confiait à l'AFP que « nous avons les bases scientifiques pour mettre fin à cette épidémie ». Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine 2008 pour la codécouverte du virus du Sida en 1983, relativise en expliquant que « la science nous dit depuis un certain temps qu'il est réaliste de guérir l’infection du VIH et que le moment est venu de saisir l'occasion de mettre au point un moyen de parvenir à la guérison».

On estime que le VIH infecte 34,2 millions de personnes dans le monde, principalement en Afrique. En 2011, 2,5 millions de nouveaux cas auraient été signalés, contre 1,7 million de victimes. © R. Dourmashki, Flickr, Wellcome Images, cc by nc nd 2.0

Car malgré cet optimisme affiché, la solution ultime n'a pas encore été découverte, le VIH ayant plus d'un tour dans sa capside. Depuis deux décennies, les tentatives pour élaborer un vaccin se sont révélées infructueuses, même si la piste est toujours poursuivie. D'après une expérience récente, un traitement préventif aurait prouvé son entière efficacité chez des souris. Plus proche de nous, des injections protègent d'une infection une majorité de singes. Mais les délais, avant de pouvoir essayer ces thérapies sur l'Homme, sont longs et le succès n'est pas garanti. L'espoir pourrait alors venir de Marseille, avec des essais cliniques portant sur un vaccin thérapeutique se déroulant normalement à partir d'octobre prochain. Ce produit a déjà montré sa puissance chez des macaques, qu'en sera-t-il chez l'Homme ? 

Les traitements actuels, très contraignants pour les malades, prolongent très nettement l'espérance de vie des patients, réduisant presque à néant les taux de virus circulants. Ces concentrations virales sont si faibles qu'on ne les détecte plus. Mais 3 semaines, environ, à partir de l'arrêt des traitements, le VIH se manifeste de nouveau, après être resté dans un état de latence.

Le dépistage et la prévention restent à l'ordre du jour. Les États-Unis viennent de faire un grand pas en ce sens en autorisant la mise sur le marché (AMM) du Truvada, un antiviral limitant fortement les risques de contamination et en mettant à disposition un test de dépistage oral rapide à faire à la maison, pour s'affranchir de la peur des piqûres ou d'une stigmatisation.

L’éradication du VIH n’est pas pour demain

Dans l'histoire, si l'on note quelques cas de rémission spontanée, une seule personne aurait pu guérir grâce aux thérapies. Son nom : Timothy Brown, un Américain séropositif de 1995 à 2007, année où il a reçu une greffe de moelle osseuse pour traiter la leucémie qui l'atteignait. Malheureusement, cette performance n'a jamais pu être reproduite depuis.

Profitant de la présence de personnalités politiques telles que l'ancien président américain Bill Clinton et son épouse Hillary, actuellement secrétaire d'État, ainsi que de nombreux ministres du monde entier (dont les Françaises en charge de la Santé et de la Recherche), les spécialistes appelleront sûrement à davantage d'investissement et de mobilisation, nécessaires pour atteindre leurs objectifs.

Le VIH livre donc peu à peu ses secrets ce qui, à terme, conduira à sa perte. Mais ce jour, même s'il se rapproche, est encore loin d'être arrivé. Il reste à développer la thérapie idéale qui doit préalablement passer les essais cliniques. Une fois l'AMM reçue, il faut encore l'administrer à tous les patients. Les malades des pays développés devraient pouvoir y accéder relativement facilement, ce qui n'est probablement pas le cas des personnes infectées dans les territoires les plus modestes, représentant 97 % des séropositifs mondiaux. Le virus a encore de longues années à vivre...

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