Une artère fémorale de babouin lourdement endommagée a pu être réparée en seulement deux semaines grâce à la culture et au dépôt de cellules souches embryonnaires issues de cette même espèce. Ces résultats, encore préliminaires, laissent entrevoir une nouvelle fois le potentiel énorme que constituent ces cellules dans la médecine régénérative.
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Le temps et les maladies figurent parmi les principaux ennemis des cellules. À cause d'eux, les tissus se détériorent, parfois de manière irréversible, ce qui représente une menace pour la santé. Depuis 1998 et la découverte de cellules souches dans les embryons humains, on entrevoit la possibilité de réparer ces dégâts et de régénérer les organes défectueux.

Après de vifs débats éthiques et sanitaires, ces thérapies cellulairesthérapies cellulaires commencent à intégrer des essais cliniques, avec de premiers résultats encourageants. Cependant, de longues années d'expérimentations, organe par organe, sont encore nécessaires pour les mettre au point.

Les chercheurs du Texas Biomedical Research Institute de San Diego (États-Unis) ont focalisé leurs recherches sur les vaisseaux sanguins. Un travail qui a fini par payer, comme le démontre l'étude publiée récemment dans le Journal of Cellular and Molecular Medicine. Ils sont ainsi parvenus à restaurer une artèreartère fémorale de babouin sévèrement endommagée, à l'aide de cellules souches embryonnairescellules souches embryonnaires provenant de la même espèceespèce.

Des vaisseaux sanguins lésés traités aux cellules souches

L'expérience s'est déroulée en plusieurs temps. D'abord, il a fallu récupérer et cultiver des cellules souches embryonnaires de singes, dans leurs premières phases de développement. Placées dans des conditions spécifiques, elles ont évolué et se sont différenciées en angioblastes, des précurseurs des cellules qui tapissent l'intérieur des vaisseaux sanguins.

Les cellules souches embryonnaires humaines, ici à l'image, ont le pouvoir de se spécialiser en n'importe quel tissu. Grâce à elles, on pourrait réparer le pancréas défaillant des diabétiques de type 2 aussi bien que des vaisseaux sanguins. © Eugene Russo, <em>Plos One</em>, cc by 2.5

Les cellules souches embryonnaires humaines, ici à l'image, ont le pouvoir de se spécialiser en n'importe quel tissu. Grâce à elles, on pourrait réparer le pancréas défaillant des diabétiques de type 2 aussi bien que des vaisseaux sanguins. © Eugene Russo, Plos One, cc by 2.5

Une fois la différenciation effectuée, les auteurs ont volontairement dégradé le revêtement interne d'un fragment d'artère, lui causant de sévères lésions. Les angioblastes ont alors été déposés. Durant l'expérience, l'organe était connecté à chaque extrémité à un tube en plastiqueplastique dans lequel coulait un liquideliquide imitant le flux sanguin. L'artère baignait dans un liquide nourricier. Le tout était placé dans un bioréacteur, une machine conçue pour permettre la croissance cellulaire.

Des tissus complètement régénérés en deux semaines

Des observations régulières ont montré que trois jours plus tard, la régénération tissulaire avait déjà commencé. Au bout de deux semaines, la surface interne du vaisseau était entièrement réparée. L'analyse des protéinesprotéines exprimées a révélé que l'artère était pleinement fonctionnelle et tout à fait identique à ce que l'on trouve à l'origine dans les organismes.

En guise de contrôle, les chercheurs ont reproduit la même expérience sans ajouter de cellules souches embryonnaires. Dans ce cas, on ne note aucun processus de cicatrisation. C'est donc bien le traitement et non le milieu de culture ou un autre paramètre qui explique la régénération.

Une étape nécessaire, mais pas définitive

Ces résultats sont encourageants mais restent à relativiser. En effet, l'expérience a été menée in vitroin vitro chez des babouins et de nombreux critères sont encore à remplir avant que l'on puisse appliquer ce test sur l’Homme. Toutefois, nos cousins primatesprimates constituent un modèle biologique plutôt fiable pour estimer l'efficacité d'un tel traitement sur l'Homme.

Il faut donc maintenant démontrer l'efficacité in vivoin vivo. Une étape délicate du fait du risque de rejet propre à toute transplantationtransplantation et de l'innocuité d'une telle thérapie, les cellules souches pouvant causer des tumeurs

À terme, l'objectif est bien évidemment d'appliquer ce traitement à des patients humains présentant des vaisseaux endommagés. On pourrait ainsi remédier à des artères coronaires lésées qui empêcheraient le sang d'alimenter le cœur en énergieénergie, pouvant entraîner une crise cardiaque. Les réparer en quelques jours pourrait donc sauver de nombreuses vies.