Santé

Cambodge : 52 enfants morts à cause d’un syndrome pied-main-bouche

ActualitéClassé sous :médecine , cambodge , maladie tueuse d'enfants

La lumière a été faite sur la maladie mystérieuse qui a tué des dizaines d'enfants depuis avril dernier au Cambodge. Le coupable : l'entérovirus 71 responsable du syndrome pied-main-bouche avec de graves complications. L'objectif maintenant est de contrôler l'épidémie.

Une bonne hygiène et un lavage des mains régulier restent la meilleure façon de lutter contre la contagion de cet entérovirus tueur d'enfants au Cambodge. Parfois, il en faut peu pour sauver des vies mais les conditions de vie précaires qui règnent dans cette région compliquent la prévention. © Lars Klintwall Mamlqvist, Wikipédia, DP

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) lève le voile sur la maladie qui, selon un dernier bilan officiel revu à la baisse, a tué 52 enfants au Cambodge, depuis avril 2012. D'après les données recueillies sur place, il s'agirait d'un syndrome pied-main-bouche dû à un entérovirus.

En 2012, entre avril et le 5 juillet dernier, 59 enfants ont été hospitalisés au Cambodge, tous frappés par une maladie qui jusqu'ici était qualifiée « d'inconnue » par l'OMS. Une affection grave, mortelle dans 88 % des cas. Les victimes étaient âgées de 3 mois à 11 ans, « avec une majorité de moins de 3 ans » précise l'Organisation.

« Les résultats des tests réalisés en laboratoire ont fait état d'un nombre significatif d'échantillons positifs à l'entérovirus 71 ». Celui-ci a entraîné un syndrome pied-main-bouche, caractérisé par une forte fièvre et des signes associés : lésions sur la paume des mains et la plante des pieds, avec une inflammation de la gorge et de la bouche.

La semaine passée, l'OMS annonçait 61 victimes sur 62 hospitalisations de la maladie tueuse d'enfants. Le bilan a depuis été revu à la baisse et le coupable a été plus précisément identifié. © David Gough, IRIN

L’entérovirus 71 avait déjà frappé la Chine en 2008 

Ce type de syndrome est généralement associé au coxsackievirus A16 ou à l'entérovirus 71. Dans le premier cas, les complications sont généralement sans gravité. Dans le second en revanche, elles peuvent être gravissimes. Et cela d'autant plus lorsqu'elles concernent des enfants de moins de 10 ans.

En 2008 en Chine, l'entérovirus 71 a été à l'origine de la mort de 20 enfants sur une courte période. Plus de 2.000 avaient été malades. À l'époque, l'OMS avait expliqué que « la transmission était facilitée par une hygiène médiocre et le surpeuplement. L'amélioration de l'assainissement et de l'hygiène générale constituent des mesures préventives importantes ». À l'image du « lavage fréquent des mains, notamment après avoir changé un enfant ou être allé aux toilettes, et du lavage des vêtements contaminés... Il peut aussi s'avérer utile de fermer certains lieux communautaires - écoles, centres de soins pour enfants... - en cas d'épidémie, pour réduire la transmission ».

Au Cambodge, les analyses des prélèvements se poursuivront ces prochains jours. L'OMS indique également avoir « retrouvé d'autres pathogènes comme celui de la dengue ainsi que de la bactérieStreptococcus suis ». Il s'agit d'un streptocoque commun chez le porc. « En revanche, les échantillons prélevés ont été négatifs au virus H5N1, comme à ceux du Sras et du Nipah ».

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