Des chercheurs de l’Inserm ont administré à des souris un vaccin contre le mélanome en utilisant un rayon laser. Dépourvu d’adjuvant, ce nouveau type de vaccin pourrait être adapté à l’Homme et à différents agents infectieux.

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    Finie la peur des piqûres de vaccin, grâce au laser ! © Steven Depolo, Flickr, CC by 2.0

    Finie la peur des piqûres de vaccin, grâce au laser ! © Steven Depolo, Flickr, CC by 2.0

    Un vaccin sans aiguille et sans adjuvant : cela semble désormais possible à en croire les travaux conduit dans une unité de l'Inserm (Unité 1104 Inserm/CNRS/Aix-Marseille université, Centre d'immunologie de Marseille - Luminy, Marseille). Les chercheurs viennent en effet de vacciner des souris contre le mélanome en leur administrant une préparation vaccinale sans adjuvant. Celle-ci a été délivrée via des micropores formés dans leur peau grâce à un laserlaser. Cette nouvelle devrait intéresser bien des industriels qui cherchent des alternatives, non seulement à la piqûre, mal vécue par de nombreuses personnes, mais aussi aux adjuvants qui font régulièrement l'objet de polémiques.

    « Actuellement, un vaccin est injecté avec une aiguille qui traverse le derme et libère la solution vaccinale dans l'hypoderme ou dans le muscle. On court-circuite donc le derme et son réseau très dense de cellules dendritiques. Ces cellules sont des sentinelles extrêmement performantes du système immunitaire : elles présentent les antigènes aux lymphocyteslymphocytes TT immatures en vue de leur différenciation en lymphocytes T effecteurs, capables d'éliminer l'agent pathogènepathogène. Nous voulions donc cibler spécifiquement ces cellules dendritiques du derme afin de stimuler la réponse immunitaire », explique Bernard Malissen, co-auteur de ces travaux parus dans Journal of Immunology.

    Pour cela les chercheurs ont développé un vaccin ciblé. Ils ont isolé un antigène présent à la surface de cellules de mélanomemélanome et l'ont couplé à une moléculemolécule appelée XCL1 qui se lie spécifiquement à un récepteur présent à la surface des cellules dendritiques du derme (XCR1). Ces travaux ont été réalisés chez la souris, sachant que le récepteur XCR1 est hautement conservé d'une espèceespèce à l'autre : on le retrouve notamment chez l'Homme. Le transfert de cette approche devrait donc être relativement simple à mettre en œuvre.

    Ce nouveau dispositif permettrait de se passer des très controversés adjuvants que contiennent les vaccins actuels. © Daniel Paquet, Flickr, CC by 2.0

    Ce nouveau dispositif permettrait de se passer des très controversés adjuvants que contiennent les vaccins actuels. © Daniel Paquet, Flickr, CC by 2.0

    Un laser délivre le vaccin anti-mélanome avec succès

    Les chercheurs ont ensuite utilisé un appareil laser couramment utilisé chez l'Homme à des fins esthétiques et cosmétiques et qui génère des micropores dans la couche externe de l'épidermeépiderme. Ils ont exposé la peau de souris à ce rayon laser puis ont appliqué localement la solution vaccinale. L'expérience a été conduite sur des souris présentant un mélanome et des animaux en bonne santé. L'effet a été rapide : les populations de lymphocytes T CD8+ et CD4+ ont été stimulées de manière très puissante, la vaccinationvaccination a arrêté la progression de la tumeurtumeur dans le premier groupe de souris et protégé le second groupe contre le cancercancer. Des cellules tumorales ont en effet été injectées aux animaux du second groupe après la vaccination mais ceux-ci n'ont pas développé de mélanome.

    « Le vaccin a donc été efficace en préventionprévention et en thérapiethérapie, malgré l'absence d'adjuvant habituellement indispensable pour stimuler la réponse immunitaire en cas de vaccination contre le cancer. Peut-être que l'applicationapplication du laser provoque une légère inflammationinflammation locale qui attire des cellules immunitaires (de type monocytesmonocytes et granulocytesgranulocytes), potentialisant la réponse générée par le vaccin. Nous sommes en train de vérifier cela », précise Bernard Malissen.

    Testé en immunothérapieimmunothérapie contre le cancer dans le cadre de cette étude, ce procédé de vaccination original pourrait tout à fait s'appliquer à tous types de vaccination, notamment contre des agents bactériens ou viraux. Des laboratoires se sont déjà manifestés pour poursuivre ce développement et mener des essais cliniquesessais cliniques chez l'Homme.