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Bientôt un vaccin grippal express et presque universel ?

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Les évènements nous le rappellent lors de chaque nouvelle pandémie, particulièrement de grippe saisonnière : un vaccin est lent à produire, généralement plusieurs mois. Le consortium européen Fluvacc propose une nouvelle méthode de génie génétique qui pourrait bouleverser l'art vaccinal.

Le professeur en virologie Thomas Muster. Crédit Université de Vienne

Selon les prévisions les plus optimistes, un vaccin contre le virus A(H1N1) ne pourrait être produit à titre expérimental que dans quelques semaines, d'abord pour des essais cliniques sur des souris de laboratoire. Mais plusieurs mois d'attente seraient encore nécessaires avant de passer à une production de masse, a récemment affirmé Suresh Mittal, professeur à l'Université de Purdue (Indiana), en réponse à une question posée par l'OMS (Organisation mondiale de la Santé).

Les vaccins utilisés classiquement contre la grippe sont des virus obtenus par culture sur des œufs de poule puis inactivés (on dit aussi tués). Ils ne peuvent plus se multiplier mais conservent leur pouvoir de stimulation du système immunitaire. La méthode est au point mais elle est longue, nécessitant plusieurs mois. On peut signaler une autre méthode, mise au point par Suresh Mittal pour un vaccin contre la grippe aviaire, et utilisant un virus du rhume muté. Cet adénovirus ne peut pas se multiplier mais comporte des gènes du virus H5N1, responsable de cette maladie. Elle est riche de promesses mais n'améliore pas beaucoup les délais de mise au point.

Un changement décisif pourrait toutefois intervenir suite à l'innovation présentée par le professeur en virologie Thomas Muster, de l'Université de Vienne, qui dirige entre autres le projet européen Fluvacc, financé par la Commission européenne. Son nom n'est pas inconnu, puisque ce chercheur a déjà remporté d'importants succès au sein de la spin-off qu'il dirige (Avir Green Hills Biotechnology), notamment dans le cadre de la lutte contre le VIH.

Un vaccin pour plusieurs grippes ?

L'objectif de Thomas Muster est de mettre au point  en quelques jours seulement un vaccin ciblé contre une nouvelle souche virale en cas de pandémie et prêt à être produit à grande échelle.

« Théoriquement, avec Fluvacc, ces délais de production pourraient être ramenés à quelques jours, deux ou trois semaines tout au plus, à partir du moment où nous disposons de la souche virale », a affirmé Thomas Muster le 7 mai dernier lors de la conférence Research Connection à Prague.

Le secret ? Il s'agit d'utiliser le virus de la maladie dont, par manipulation génétique, on a enlevé le gène de la protéine NS1 qui en est le facteur pathogène. Il s'agit donc d'un virus atténué, souvent qualifié de « vivant ». Une fois modifié, il est mis en culture, et au bout de quelques jours seulement, on dispose d'un produit prêt à être administré sous la forme d'un spray nasal.

Ce vaccin a déjà pu être expérimenté sur 48 volontaires adultes. Les tests ont démontré son innocuité et son efficacité sur le système immunitaire. De plus, son action semble plus large qu'un vaccin classique. En effet, il a montré une action protectrice élargie à d'autres variantes du virus d'origine. Selon le chercheur, la vaccination peut rester efficace après une mutation du virus.

La récente pandémie grippale servira bientôt de banc d'essai en grandeur nature du nouveau procédé. « Nous attendons en effet de ces jours-ci des échantillons du virus A(H1N1), a révélé Thomas Muster. Cela devrait nous permettre de montrer d'ici deux à trois semaines notre capacité à réagir en temps réel à une véritable menace et à proposer un premier vaccin efficace ».

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