Les enfants d’une mère qui développe la maladie d’Alzheimer sont plus à risque que les autres. Et des chercheurs pourraient bien avoir mis le doigt sur le mécanisme responsable de ce phénomène. Dans l’alimentation de la femme enceinte.


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    « Chez l'être humain, les personnes dont la mère développe la maladie d’Alzheimer courent un risque accru de développer également la maladie. Or jusqu'alors, aucun gène responsable d'une supposée transmission maternelle n'a pu être identifié. » C'est ainsi que le docteur Domenico Pratico de la Temple University (États-Unis) explique pourquoi il s'intéresse aux modes de vie et d'alimentation adoptés pendant la gestationgestation. Une période durant laquelle mère et bébé se trouvent en interaction étroite.

    L'équipe du docteur a choisi de proposer à des souris, un régime riche en graisses, du début à la fin de leur gestation. Puis, lors de la période de lactation, elles ont été nourries de manière plus équilibrée. Tout comme leur progéniture. Et les tests ont montré que ces petites souris présentaient de meilleures compétences d'apprentissage et de mémoire que leurs cousines nées de souris nourries de manière plus équilibrée.

    Manger gras n’est généralement pas bon pour la santé. Mais peut-être les femmes enceintes devraient-elles faire quelques entorses à leurs régimes équilibrés afin de protéger leurs enfants de la maladie d’Alzheimer. Des études plus poussées seront nécessaires pour le confirmer. © freshidea, Fotolia
    Manger gras n’est généralement pas bon pour la santé. Mais peut-être les femmes enceintes devraient-elles faire quelques entorses à leurs régimes équilibrés afin de protéger leurs enfants de la maladie d’Alzheimer. Des études plus poussées seront nécessaires pour le confirmer. © freshidea, Fotolia

    Prévenir la maladie à un stade précoce de la vie

    En y regardant de plus près, les chercheurs ont découvert que la progéniture des mères exposées à un régime alimentaire riche en graisses présentait une amélioration significative de la fonction synaptique par rapport aux autres. Elle présentait aussi des taux plus faibles d'amyloïde bêtabêta, une protéine réputée pour contribuer au dysfonctionnement des cellules nerveuses.

    Il semblerait qu'un régime riche en graisse augmente l'activité d'une protéine qui elle-même a tendance à désactiver trois gènes impliqués dans la maladie d'Alzheimer. Un résultat qui suggère que la prévention de la maladie doit être envisagée à un stade extrêmement précoce de la vie. Et l'équipe du docteur Pratico envisage maintenant de mener le même type d'étude sur les régimes riches en sucressucres ou en protéines ou encore sur le régime méditerranéenrégime méditerranéen.