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Une alimentation riche en graisses entraînerait des troubles de l'humeur

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Une équipe de chercheurs de Montréal a mis en évidence qu'une alimentation riche en graisses peut provoquer d'importants dysfonctionnements de la dopamine mésolimbique. Ce neurotransmetteur est directement impliqué dans le circuit de la récompense dont découlent les troubles de l'humeur et les conduites toxicomaniaques.

Une alimentation riche en graisses saturées aurait des conséquences négatives sur la motivation et les troubles de l’humeur. © Everjean, Flickr, CC by 2.0

Les résultats publiés le 14 juillet dans la revue Neuropsychopharmacology montrent qu'« indépendamment de la prise de poids et de l'obésité, une alimentation riche en matières grasses peut provoquer des déficiences dans le fonctionnement des circuits du cerveau directement impliqué dans les troubles de l’humeur, la motivation, la toxicomanie, la suralimentation ainsi que dans l'hedonia, qui caractérise un état mental de bien-être », précise Stéphanie Fulton, professeure au sein du département de nutrition de l'université de Montréal. « Les effets d'une alimentation riche en gras sur la diminution de la sensibilité du système de récompense du cerveau sont spécifiques aux graisses saturées comme l'huile de palme », ajoute-t-elle.

Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont travaillé avec trois groupes de rats. Le premier, le groupe de contrôle a été soumis à un régime pauvre en graisses, contenant des quantités à peu près égales d'acides gras mono-insaturés et saturés.

Le deuxième groupe a reçu une alimentation riche en acides gras mono-insaturés, dont 50 % des calories provenaient de graisses issues de l'huile d'olive. Le troisième, enfin, a reçu une alimentation riche en graisses saturées dont 50 % des calories provenaient de dérivés d'huile de palme. Les rats étaient libres de manger la quantité qu'ils désiraient.

Outre d’entraîner la déforestation dans plusieurs régions tropicales au profit de la culture intensive du palmier, l’huile qui en est extraite à plusieurs effets négatifs sur la santé. Elle causerait des maladies cardio-vasculaires et aurait un impact sur le cerveau, en influençant le circuit de la récompense. Une nouvelle étude montre en effet « que les rats qui avaient eu le régime à base d’huile de palme avaient une fonction de la dopamine émoussée ». © Achmad Rabin Taim, Wikipedia Commons CC by 2.0

Un nouvel effet négatif de l’huile de palme

Au bout de huit semaines, les animaux ont subi une série de tests biochimiques et comportementaux, significatifs du fonctionnement de la dopamine chez le rat. « Nous avons établi que les rats qui avaient eu le régime à base d'huile de palme avaient une fonction de la dopamine émoussée », a déclaré Cécile Hryhorczuk, coauteure de l'étude. « Nous avons, ainsi que d'autres groupes de recherche, émis l'hypothèse que cette situation entraîne le cerveau à compenser en intensifiant le comportement de recherche de la récompense, un peu comme le phénomène de tolérance de la drogue où l'on doit augmenter la dose pour obtenir un même niveau de plaisir ou de récompense. »

Cette étude est la première du genre à montrer que, indépendamment des changements de poids, la surconsommation de graisses peut avoir des effets négatifs sur les contrôles de la motivation par le cerveau. « Nous pensons que les graisses peuvent avoir une incidence sur le système de la dopamine par une action directe dans le cerveau », conclut Stéphanie Fulton.

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