Et si on arrêtait la fessée ? © M-Production, Adobe Stock
Santé

Comment les châtiments corporels nuisent au développement des enfants

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[EN VIDÉO] « Le Cerveau des enfants, un potentiel infini ? » : apprendre à être  Dans cet extrait du documentaire Le Cerveau des enfants, un potentiel infini ? de Stéphanie Brillant, diffusé par Jupiter Films et qui sort en France le 23 mai, Allan Shore, psychologue états-unien, évoque l'importance de la relation mère-enfant dans le développement du cerveau. Avec le nourrisson, explique-t-il, l'interaction est gestuelle et comportementale : la mère n'a rien d'autre à faire qu'être elle-même pour que le bébé apprenne à être, lui aussi. 

Depuis quelques années, les recherches en neurosciences sont formelles. Les violences physiques telles que les claques, fessées ou tapes ne sont en aucune façon une bonne méthode pour éduquer un enfant. C'est même le contraire. 

L'examen de plusieurs études, publié dans la revue The Lancet, conclut que les châtiments corporels sur les enfants ne sont pas efficaces pour prévenir les problèmes comportementaux. Ils sont même nocifs pour leur développement et leur bien-être. « Il s'agit d'un problème de santé publique », a déclaré Anja Heilmann, auteur principal de l'étude et professeur agrégé à l'University College London« Les décideurs ont la responsabilité de protéger les enfants et de légiférer pour mettre fin à l'utilisation des châtiments corporels dans tous les contextes. » 

Une célèbre méta-analyse, datant de 2016, avait déjà confirmé ces résultats. Mais les traditions ont la vie dure. Aux États-Unis, les parents peuvent légalement infliger des châtiments corporels, dans les 50 États. En France, le Sénat a voté à l'unanimité une loi en 2019, visant à interdire les violences éducatives ordinaires à l'égard des enfants. Un retard lourd de conséquences, pour un pays aussi développé. D'autant que des initiatives, souhaitant abolir ces pratiques, existent déjà depuis 30 ans. Désormais, soixante-deux pays l'ont interdit, mais cela reste peu, car seulement 13 % des enfants dans le monde sont protégés, selon un rapport de l'organisation End Violence Against Children

L'usage intentionnel de la force physique constitue un préjudice pour la santé de l'enfant. © doidam10, Adobe Stock

Un cerveau fragile 

Le cerveau des tout-petits étant très immature, il est beaucoup plus sensible au stress que l'adulte. S'il subit fréquemment des violences physiques, cela provoque alors un stress qui stimule l'amygdale cérébrale et déclenche la sécrétion de cortisol et d'adrénaline. Chez l'enfant, le cortisol peut atteindre des niveaux très élevés. Sécrété de façon répétée, cela peut être très toxique pour les neurones et le développement cérébral. Ce mécanisme explique pourquoi il peut avoir des sortes de « tempêtes émotionnelles » ou des impulsions qui peuvent l'amener à taper, mordre ou jeter ses jouets. 

D'autres études ont révélé que les « corrections » avec des ceintures, lanières ou autres objets provoquent une réduction du volume de la substance grise qui se trouve dans la région préfrontale. Cela peut se traduire par une diminution des capacités cognitives. Par ailleurs, plus l'enfant est agressé violemment, plus il sera violent, anxieux ou dépressif. 

Ces études scientifiques remettent en cause des habitudes ancestrales et incitent à une révolution éducative plus compréhensive et bienveillante. Elles soulignent également la grande responsabilité des parents d'aujourd'hui, face à ces découvertes.

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