Diabète : et si les virus jouaient un rôle ? En effet, des virus produisent des molécules proches de l’insuline. © Maryna Olyak, Fotolia

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Diabète : et si les virus jouaient un rôle ?

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Des chercheurs ont trouvé que des virus produisaient des molécules proches de l'insuline et capables de stimuler des cellules humaines. Cette découverte pose de nombreuses questions sur l'origine de certaines maladies, comme le diabète ou le cancer.

Dans cette étude, des chercheurs du Joslin Diabetes Center, à Boston (États-Unis), ont voulu savoir si des micro-organismes pouvaient produire des peptides ressemblant à l'insuline. En cherchant dans les bases de données de génomes viraux, ils ont trouvé quatre virus qui possédaient des séquences ressemblant à l'insuline. Ces virus proviennent d'une famille connue pour infecter des poissons et des amphibiens, mais pas spécialement des humains.

Les chercheurs ont produit ces peptides viraux et ont trouvé qu'ils se liaient aux récepteurs de l'insuline humains, ainsi qu'au récepteur d'une molécule proche, l'IGF-1 (insulin-like growth factor-1). Les molécules stimulaient les voies de signalisation intracellulaires généralement activées par l'insuline et l'IGF-1. Si les peptides étaient injectés à des souris, leur glycémie baissait, ce qui montre qu'ils avaient le même effet que l'insuline.

Les hormones virales activent les cellules comme l'insuline

L'analyse de bases de données de virus de l'intestin humain suggère que nous pourrions être exposés à ces virus, comme le souligne dans un communiqué Ronald Kahn, un des auteurs de ces travaux : « Il est possible que les humains soient exposés à ces virus en mangeant du poisson ». Pour le chercheur, cette découverte pourrait ne représenter que la partie émergée de l'iceberg, tellement le nombre de virus infectant l'Homme est important : « On pense qu'il y a plus de 300.000 virus pouvant infecter ou être transportés chez les mammifères, et seulement 7.500 d'entre eux, ou environ 2,5 %, ont été séquencés. Ainsi, nous nous attendons certainement à trouver beaucoup plus d'hormones virales, y compris plus d'insulines virales, à l'avenir ».

Ces résultats posent de nombreuses questions sur l'origine du diabète : des molécules microbiennes analogues à l'insuline favoriseraient-elles une réaction auto-immune dans le diabète de type 1 ? Ou, à l'inverse, les insulines virales ont-elles un rôle protecteur ? Ces molécules pourraient aussi jouer un rôle dans des cancers : si les virus présents dans l'intestin produisent des molécules proches de l'insuline, stimulent-ils la croissance des cellules intestinales et favorisent-ils des polypes ou des tumeurs intestinales ? Enfin, ces travaux pourraient trouver des applications dans la production de nouvelles insulines.

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