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Le CMV, virus très courant, favorise le diabète chez les personnes âgées

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Le cytomégalovirus, un virus bénin rémanent qui infecte la moitié des quarantenaires, pourrait favoriser l'apparition du diabète chez les personnes âgées. Les mécanismes ne sont pas encore élucidés.

Le cytomégalovirus est le plus souvent bénin, mais peut se révéler agressif chez des patients immunodéprimés, comme les personnes infectées par le VIH. Et il pourrait également faciliter l'apparition du diabète ! © Edwin P. Ewing, CDC, DP
  • À lire, notre dossier complet sur le diabète 

Obésitéhypertension artérielle et manque d'activité physique. Voilà les principaux facteurs de risque de diabète. Faudra-t-il ajouter à cela l'infection au cytomégalovirus (CMV), un virus très courant qui s'en prend à un quarantenaire sur deux ? Il se transmet lors de relations sexuelles, par la toux ou l'éternuement, s'installe à vie dans nos organismes mais est, dans la très grande majorité des cas, inoffensif puisqu'il reste à un état dormant.

Cependant, il pourrait se montrer plus dangereux lorsque l'individu avance dans l'âge. C'est ce que suggère un travail mené par des chercheurs de l'Universiteit Leiden, le plus ancien lieu de transmission du savoir des Pays-Bas, auprès d'octogénaires néerlandais. Les résultats, publiés dans la revue Immunity and Ageing, établissent chez ce public un lien entre l'infection par le CMV et les risques de présenter un diabète.

Le CMV déjà impliqué dans le diabète de type 1

Les auteurs ont fait appel à 549 individus âgés de plus de 85 ans. Parmi eux, 80 % étaient porteurs du virus et 15 % présentaient un diabète de type 2. Dans la catégorie des personnes infectées, 17,2 % avaient déclaré la maladie, contre seulement 7,9 % des individus sans CMV. Lorsqu'on pondère ces données en fonction du sexe, de la classe sociale, du passé tabagique ou de la consommation de médicaments, on ne constate aucun changement.

Le pancréas est un organe impliqué dans la digestion et dans la régulation de la glycémie, en sécrétant insuline et glucagon chargés de la contrôler. Le CMV pourrait attaquer les îlots de Langerhans, ces régions qui synthétisent cette première hormone. © Henry Grey, Grey's Anatomy, Wikipédia, DP

Des résultats surprenants ? Oui et non. Non parce que le CMV avait déjà été déclaré facteur de risque dans le diabète de type 1, d'origine génétique, dû à la dégénérescence des cellules du pancréas sécrétrices d'insuline. Mais ils étonnent quand même car l'impact du virus sur le diabète de type 2 avait déjà été investigué, sans lien apparent. La différence entre ces études et cette nouvelle recherche était l'âge des participants puisque les sujets de ces premières avaient entre 45 et 84 ans.

Comment le virus provoque-t-il le diabète ?

Cela dirige les scientifiques vers plusieurs hypothèses. Connaissant son agressivité potentielle à l'égard des cellules pancréatiques, la première des théories considère que ces effets délétères ne se manifestent que tardivement et deviennent visibles à 85 ans. Une deuxième évoque les effets indirects de la présence du CMV sur le métabolisme de l'insuline

Une dernière alternative ne voit pas le virus comme la cause mais la conséquence du diabète. En effet, l'hyperglycémie induit un affaiblissement du système immunitaire qui se caractérise donc par une plus grande propension à être victime d'une infection par le virus. Cependant, cette hypothèse est probablement la moins crédible, dans la mesure où le CMV s'attrape principalement pendant l'enfance et non dans les âges les plus avancés de la vie.

Pour comprendre le rôle précis du virus dans le développement du diabète, il faut organiser un suivi dans le temps. Ainsi, on pourra déterminer si toutes les tranches d'âge de la population sont aussi susceptibles de tomber malade du fait du CMV.

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