La composition cellulaire du cerveau pourrait différer chez les personnes dépressives. Ou tout du moins, chez les hommes atteints de ce trouble psychiatrique.

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Une brique supplémentaire dans la compréhension des troubles dépressifs ! Autrement appelés « dépression clinique », ceux-ci résultent de causes multiples. L'une d'entre-elles serait un « dysfonctionnement astrocytaire » dans le cerveaucerveau, avance une nouvelle étude. « Nous avons trouvé un nombre réduit d'astrocytesastrocytes [...] dans de nombreuses régions du cerveau chez les adultes déprimés », rapporte le psychiatre Naguib Mechawar, coauteur de l'article. Il souligne que ces cellules « soutiennent le fonctionnement optimal des neuronesneurones du cerveau ». 

Ces conclusions ont été obtenues par des analyses post-mortem. « Le don de tissus à la recherche scientifique nous permet de mieux comprendre les dysfonctionnements cellulaires et moléculaires sous-jacents aux troubles cérébraux, participant ainsi au développement de meilleurs traitements de santé mentale », rappelle avec reconnaissance Naguib Mechawar.

Les tissus cérébraux examinés provenaient de deux groupes : des adultes décédés brutalement sans trouble psychiatrique connu, et des adultes décédés par suicide en raison d'une dépression clinique. « À l'aide d'un microscope [et d'une coloration spécifique, ndlr], nous avons compté le nombre d'astrocytes dans des coupes transversales du cerveau, ce qui nous a permis d'estimer leur nombre dans chaque région », explique Liam O'Leary, neuroscientifique et coauteur de l'étude.

La dépression est un trouble psychiatrique qui touche environ 20 % des personnes au moins une fois dans leur vie. © Photobank, Adobe Stock
La dépression est un trouble psychiatrique qui touche environ 20 % des personnes au moins une fois dans leur vie. © Photobank, Adobe Stock

Un pas après l'autre

Pour l'instant, aucun antidépresseurantidépresseur ciblant directement ces astrocytes n'existe. Mais leurs résultats indiquant que la composition cellulaire du cerveau peut être liée à la dépression dans sa forme la plus grave, les chercheurs espèrent ouvrir la voie à de potentiels traitements. D'autant qu'une bonne nouvelle se niche dans leurs observations. Si le nombre d'astrocytes diffère entre les deux groupes, la structure de ces astrocytes est similaire. Ils ne seraient pas altérés. « Le cerveau humain adulte produit continuellement de nombreux nouveaux astrocytes, donc trouver des moyens de renforcer ces fonctions cérébrales naturelles pourrait amoindrir les symptômessymptômes des personnes déprimées », suggère Naguib Mechawar.

Néanmoins, cette étude souffre d'une limite importante. « Elle n'a été menée qu'avec des échantillons de patients masculins, admet le psychiatre. Nous souhaitons élargir notre recherche pour examiner des échantillons de patientes, car il est maintenant connu que la neurobiologie de la dépression diffère de manière assez significative entre les hommes et les femmes. »

Le saviez-vous ?

Si vous souffrez d'un trouble dépressif et, qu'à vos yeux, la seule porte de sortie semble être le suicide, lisez ces quelques lignes. Votre état n'est pas de votre faute, et personne n'a le droit de vous juger pour cela ou de minimiser vos souffrances. Mais surtout, votre vie compte. Plusieurs associations sont à votre écoute, dont SOS Suicide Phénix ou SOS Amitié (la liste complète). Si ce que vous portez vous détruit de l'intérieur, laissez-nous vous alléger. Des personnes dépressives parviennent à se relever, alors vous le pouvez aussi. On ne vous abandonnera pas. Vous êtes important.