Illustration de cellules cancéreuses isolées. © Peterschreiber.media, Adobe stock
Santé

Un taux de cholestérol élevé pourrait augmenter la propagation de certains cancers

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On le sait, un taux élevé de cholestérol a des effets négatifs sur l'organisme en favorisant les maladies cardio-vasculaires. Une nouvelle étude américaine vient d'être publiée montrant un risque accru de développement de métastases dans les cancers du sein associés à une hypercholestérolémie. À l'heure où l'immunothérapie laisse entrevoir de nouveaux moyens de traiter les cancers, ce travail offre de nouvelles perspectives thérapeutiques. 

Les cancers du sein représentent la première cause de décès par cancer chez la femme en France. Selon Santé publique France, près de 11 % de ces cancers post-ménopausiques seraient attribuables au surpoids et à l'obésité. De plus, 20 à 30 % des patientes présentant ce type de cancer développeront des métastases même si ce phénomène entraîne la mort de la plupart des cellules cancéreuses.

Une voie de mort cellulaire alternative : la ferroptose

Quand on parle de mort physiologique programmée des cellules de l'organisme, le premier terme qui vient à l'esprit est celui d'apoptose. Mais il existe d'autres mécanismes alternatifs et depuis 2012, une autre forme de mort cellulaire a été mise en évidence, la ferroptose. Ce processus de mort cellulaire par nécrose implique le fer libre dans l'organisme et l'occurrence d'une peroxydation lipidique massive (stress oxydatif). Il en résulte une altération du métabolisme d'oxydoréduction de la cellule et de la perméabilité membranaire conduisant à la mort de la cellule. Dans le cancer, la dissémination métastasique exige que les cellules augmentent leur absorption de lipides exogènes, générant un stress oxydatif et les exposant ainsi à la mort cellulaire par ferroptose.

Les différentes étapes de la mort cellulaire : nécrose vs apoptose. © National institute on alcohol abuse and alcoholism, Wikimedia Commons

Une population de cellules cancéreuses protégées du stress oxydatif

Suite à l'observation selon laquelle l'hypercholestérolémie est un facteur de risque du cancer du sein et entraîne de moins bons résultats chez les femmes ayant développé la maladie, les chercheurs de l'université de Duke aux États-Unis ont élaboré une étude, en cultivant in vitro des lignées de cellules cancéreuses (cancer du sein et mélanome). En les exposant au 27HC, un métabolite circulant du cholestérol, ils ont mis en évidence la sélection d'une sous-population particulière. En effet, ces cellules spécifiques présenteraient une activité élevée de l'enzyme GPX4, impliquée dans la synthèse du glutathion protecteur naturel du stress oxydatif.

De plus, la présence d'un récepteur au 27HC augmenterait leurs capacités tumorigène et métastasique. Ce type de cellules, issues de la tumeur primaire pourraient ainsi se détacher de la matrice extracellulaire, se disséminer sans subir les mécanismes liés à la ferroptose.

Les implications thérapeutiques de ce travail sont multiples et divers axes sont à l'étude, soit en diminuant l'impact de l'hypercholestérolémie par un traitement adapté, soit en bloquant la conversion du cholestérol en 27HC. De plus, la GPX4 en jouant un rôle central dans la résistance à la ferroptose pourrait de ce fait devenir un candidat pertinent pour le traitement des maladies cancéreuses, et plusieurs inhibiteurs de la GPX4 sont en cours de recherche.

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