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Un bon sommeil protègerait contre le cancer de la prostate

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Bien dormir pourrait aider les hommes à se protéger du cancer de la prostate, une des formes de cancer les plus courantes chez la gent masculine. Cette découverte montre une fois de plus les vertus du sommeil sur la santé et devrait tous nous encourager à le ménager.

Le sommeil influence à peu près tous les aspects de la physiologie. Chez les hommes, il diminuerait les risques de cancer de la prostate. © JPott, Flickr, cc by nc nd 2.0

Avec plus de 8.000 décès annuels, le cancer de la prostate est l'une des formes de cancer les plus meurtrières au monde. Dans les pays occidentaux, il s'agit du cancer le plus fréquent chez les hommes. En 2011, plus de 70.000 d'entre eux ont été diagnostiqués avec cette maladie selon l'Institut national du cancer (INC). Heureusement, l'amélioration des techniques de dépistage et de la prise en charge ont permis de baisser sérieusement le taux de mortalité de cette pathologie. Elle continue cependant ses ravages et les chercheurs sont en quête de solutions pour arrêter sa progression.

La mélatonine ou N-acétyl-5-méhoxytryptamine, plus connue sous le nom d’hormone du sommeil, possède un rôle central dans la régulation des rythmes chronobiologiques. Elle est sécrétée par la glande pinéale présente dans le cerveau, principalement la nuit (en absence de lumière). Les petits dormeurs, qui en produisent moins, auraient plus de risque de développer un cancer de la prostate. © Sbrools, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

Et si bien dormir était une solution ? Depuis plusieurs années, les scientifiques démontrent tour à tour les bienfaits du sommeil sur la santé. Il permet par exemple au cerveau de se débarrasser des toxines accumulées au cours de la journée et favorise la formation des gaines de myéline autour des neurones. Le manque de sommeil augmente d'ailleurs le risque de développer certaines maladies comme l'obésité, la maladie d’Alzheimer et le diabète de type 2.

Une cure de sommeil contre le cancer de la prostate ?

Dans une nouvelle étude, présentée lors de la conférence de la Prostate Cancer Foundation, qui a eu lieu du 18 au 21 janvier derniers, une équipe de l'université Harvard (États-Unis) a montré qu'un sommeil insuffisant favorisait également le développement du cancer de la prostate. Plus précisément, les chercheurs ont établi un lien entre cette maladie et les niveaux de mélatonine, une hormone qui joue un rôle central dans la régulation du rythme circadien et participe à de nombreuses fonctions physiologiques. Fabriquée par une petite glande nichée dans le cerveau, appelée glande pinéale, la mélatonine est sécrétée principalement la nuit lors de l'endormissement. « Le manque de sommeil influence la sécrétion de mélatonine, explique Sarah Markt, la directrice de l'étude. Cela peut perturber le rythme biologique et augmenter le risque de cancer de la prostate. »

Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont suivi pendant sept années 928 candidats de la gent masculine, habitant en Islande. Pendant toute la durée de l'expérience, ils les ont régulièrement questionnés sur leurs habitudes de sommeil et ont analysé des échantillons d'urine afin de connaître leurs concentrations de mélatonine. Conformément à leur attente, les individus ayant des problèmes de sommeil avaient des taux de mélatonine peu élevés. Au cours de l'étude, 111 hommes ont été diagnostiqués avec un cancer de la prostate dont 28 à un stade avancé. En comparant toutes les informations recueillies, les auteurs ont découvert que les candidats ayant les taux de mélatonine les plus élevés avaient un risque de développer un cancer de la prostate 75 % plus faible que ceux ayant les niveaux les plus bas.

« Nos résultats montrent à quel point il est important de maintenir des cycles de sommeil stables », conclut Sarah Markt. Selon elle, cette étude pourrait permettre d'identifier plus facilement les personnes qui ont plus de risque de développer un cancer de la prostate afin de les prendre en charge plus rapidement. Cependant, de nombreuses études sont encore nécessaires pour confirmer ces résultats et pour comprendre comment la mélatonine affecte le fonctionnement des cellules de la prostate.

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