La saison des champignons est souvent l'occasion de jolies balades en famille au cœur de la forêt, mais elle apporte aussi son lot d'interrogations. Quand on est un néophyte, pas facile de s'y retrouver dans l'éventail de spécimens comestibles, goûteux, toxiques… une seule certitude : la girole et la chanterelle sont parmi les noms qui reviennent le plus dans la bouche des cueilleurs. Mais, au fait, c'est quoi la différence ?


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    Chaque automne, c'est la même rengaine : votre collègue arrive au bureau et, bon prince, distribue de petits sacs débordant de champignons frais parce que, « cette année, la récolte est sensass » et qu'il a trouvé « un coin à cèpes ultra-secret ». Et puis, franchement : « c'est quand même meilleur qu'en grande surface, hein ? » Le précieux sésame a l'odeur d'une madeleine de Proust. Bientôt émerge le souvenir de l'unique fois où vous vous êtes aventuré en quête de pleurotes et de coprins chevelus : il pleuvait, vous n'avez rien trouvé et vous avez finalement passé vos nerfsnerfs sur une boîte de mauvais sushis achetés sur le retour. C'est décidé, il est temps de vous y (re)mettre. Mais, plus d'erreurs ! Un cueilleur averti est un cueilleur prêt, et informé. Première leçon : connaître la différence entre une girolle et une chanterelle.

    Avouons-le, cette leçon-là est plutôt facile, et pour cause : il n'y a aucune différence entre la girolle et la chanterelle !

    La Girolle : une sous-espèce de chanterelle

    À l'origine, la chanterelle est un nom vernaculaire qui désigne un des cinq genres qui composent la famille des Cantharellacées. Avec les Craterelles, la chanterelle est le genre le plus connu de cette famille. Néanmoins, le terme de «  chanterelle » s'est  étendu et peut également désigner certains champignons du genre Craterelles. À ce jour, le terme de chanterelle reste ambigu, et aucune étude phylogénétiquephylogénétique n'a été menée afin de retracer la filiation des girolles européennes. Bref, un beau bazar, dans lequel on peut tout de même retrouver notre girolle : une espèce faisant partie du genre Chanterelles (de son vrai nom Cantharellus cibarius).

    Sauce de pâtes, poêlée, omelettes... à chaque cueilleur sa recette favorite. Un secret : ne jamais faire tremper les girolles pour ne pas les rendre spongieuses ! © MstAsma, Adobe Stock
    Sauce de pâtes, poêlée, omelettes... à chaque cueilleur sa recette favorite. Un secret : ne jamais faire tremper les girolles pour ne pas les rendre spongieuses ! © MstAsma, Adobe Stock

    Trouver une girolle et la reconnaître

    Ce champignon, répandu dans l'hémisphère Nord, est extrêmement populaire en France et à l'étranger, au point qu'il revêt toutes sortes de noms patois, parfois exotiquesexotiques, de chevrotte à mérule en passant par jirboulette, escrobillo et moelle-de-terreterre. On le trouve de mai à novembre dans nos belles forêts, où il se cache sous les feuillusfeuillus ou les conifères. Particulièrement friande de sols chauds et humides, la girolle est surtout présente dans les Vosges, le Massif central ou encore les Landes. Elle possède les grandes caractéristiques propres au genre Cantharellacées (un hyménium -- la partie sous le chapeau -- plissé, sans lamelle et un chapeau creux et évasé), ainsi que des détails spécifiques : un pied ne dépassant pas les 6 centimètres de hauteur, et reconnaissable à sa couleurcouleur qui oscille entre le jaune clair et l'orange.

    Quelles chanterelles sont comestibles ?

    Beaucoup de girolles jusqu'ici, mais peu de chanterelles au sens large... Pourtant, la plupart d'entre elles sont comestibles. Aussi, ne vous privez pas de trompettes de la mort, de chanterelles en tube, sinueuses ou encore jaunissantes. La prudence reste tout de même de mise : si ces champignons sont, de prime abord, faciles à reconnaître, il faut tout de même veiller à ne pas se tromper. Afin de ne pas risquer sa réputation auprès des proches et collègues, aussi évitera-t-on les fausses girolles -- sans danger mais peu goûteuses -- et, surtout, les clitocybes de l'olivierolivier qui sont toxiques et déclenchent de violentes gastroentérites.

    À l'heure actuelle, environ 28 000 espèces de macromycètes ont été répertoriées. © HappyTime19, Adobe Stock
    À l'heure actuelle, environ 28 000 espèces de macromycètes ont été répertoriées. © HappyTime19, Adobe Stock

    Comment classe-t-on les espèces de champignons ?

    La classification des champignons est un véritable casse-tête pour les scientifiques. Première cause : leur nombre. Les experts estiment qu'il existerait entre 1,5 et 10 millions d'espèces différentes ! Parmi elles, on distingue les macro-champignons (ou macromycètes : ce sont ce que l'on connaît, avec un pied et un chapeau) et les microchampignons (ou micromycètes).

    Compliqué également à cause de leur statut hybridehybride : coincé quelque part entre le règne végétal et le règne animal, le champignon est difficile à définir, et continue aujourd'hui de diviser la communauté scientifique. Malgré tout, il existe plusieurs façons de classer les champignons, dont deux sont majoritaires : la classification « traditionnelle » basée sur le nombre de spores (les « graines » retenues par l'hyménium) des spécimens et la classification « moléculaire » qui utilise notamment l'étude génétiquegénétique des espèces.

    Autant d'informations essentielles pour aller sur le terrain en toute sérénité. Dernier conseil : si vous trouvez un coin à girolles ultra-secret, sentez-vous libre de vous en vanter, mais ne dévoilez jamais son emplacement au risque de passer pour un amateur. Ce que vous n'êtes déjà plus, bien sûr.