Des chercheurs australiens viennent d’identifier de nouveaux composés du champignon appelé « Crinière de lion », permettant de favoriser les connexions entre les neurones et la formation de la mémoire. Les tests en laboratoire devront être suivis d’études cliniques pour validation.


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    Des composés actifs d'un champignonchampignon présenteraient la faculté de stimuler la croissance nerveuse et d'améliorer notre mémoire. Des chercheurs de l'université du Queensland (Australie) ont réalisé cette surprenante découverte grâce à des tests en laboratoire sur le champignon Hericium erinaceus, aussi appelé « Crinière de lionlion ». Il est en effet constitué de filaments blancs plus ou moins longs qui tombent « en cascade ».

    Un champignon aux multiples bénéfices

    Si on trouve rarement ce champignon comestible à l'état sauvage, il est très cultivé en Asie. Il est utilisé depuis des millénaires sur ce continent pour traiter les maladies et préserver la santé, d'après la médecine traditionnelle chinoise. Ses propriétés sont étudiées dans la recherche scientifique depuis une dizaine d'années, révélant des effets bénéfiques à la fois sur les systèmes nerveux et gastrogastro-intestinal. Ce serait également un antioxydant aux propriétés anticancéreuses.

    Les scientifiques décrivent H. erinaceus comme un champignon nootropique - capable de boosterbooster le cerveau - prometteur. D'ailleurs, il est déjà connu pour améliorer la régénération des nerfs périphériques en ciblant l'activité neurotrophique du facteur de croissance des nerfs (NGF). Pour la nouvelle étude publiée dans le Journal of Neurochemistry, les chercheurs australiens ont purifié et identifié de nouveaux composés biologiquement actifs de H. erinaceus. « Notre idée était d'identifier des composés bioactifs de sources naturelles qui pourraient atteindre le cerveau et réguler la croissance des neurones, ce qui améliorerait la formation de la mémoire », a déclaré le Dr Ramon Martinez-Marmol, co-auteur de l'étude.

    Les composés actifs favorisaient les projections de neurones, s'étendant et se connectant à d'autres neurones

    C'est ce qu'ont montré les tests précliniques en laboratoire. En mesurant les effets neurotrophiques de ces moléculesmolécules sur des cellules cérébrales en culture, les chercheurs ont trouvé que les composés actifs favorisaient les projections de neurones, s'étendant et se connectant à d'autres neurones ! « Avec la microscopie à super-résolutionrésolution, nous avons constaté que l'extrait de champignon et ses composants actifs augmentent largement la taille des cônes de croissancecônes de croissance, qui sont particulièrement importants pour que les cellules cérébrales puissent sentir leur environnement et établir de nouvelles connexions avec d'autres neurones dans le cerveau », a rapporté le Professeur Frederic Meunier, du Queensland Brain Institute. Les composés ainsi identifiés font partie de la famille des neurotrophines, favorisant la survie neuronale.

    Comparaison entre le neurone témoin (à gauche) et le cône de croissance du neurone de l’hippocampe traité au NDPIH (à droite), un composé actif du champignon « Crinière de lion ». © Université du Queensland
    Comparaison entre le neurone témoin (à gauche) et le cône de croissance du neurone de l’hippocampe traité au NDPIH (à droite), un composé actif du champignon « Crinière de lion ». © Université du Queensland

    Quel lien avec la mémoire ?

    Les résultats de la présente étude suggèrent un lien entre les composés bioactifs du champignon et la signalisation du facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF). Or, des recherches antérieures montrent que le BDNF est fortement exprimé dans le système nerveux centralsystème nerveux central adulte. Il est d'une importance critique pour la fonction des neurones situés dans les zones du cerveau impliquées dans l'acquisition de la mémoire, comme l'hippocampehippocampe et le cortexcortex.

    Précédemment, le dysfonctionnement de la voie du BDNF a été associé à plusieurs troubles du cerveau, notamment la maladie d'Alzheimer, la schizophrénie et la maladie de Huntingtonmaladie de Huntington. Il n'est dès lors pas surprenant que les neurotrophines et leurs récepteurs aient été identifiés comme des cibles pour le traitement thérapeutique de troubles neurodégénératifs et neurologiques. La « Crinière de lion » pourrait être utilisée en ce sens.