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Les passes, terrain de jeu des grands prédateurs

Dossier - Polynésie : Fakarava, réserve de la biosphère
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Isabelle Croizeau

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Fakarava est un atoll situé dans l'archipel des Tuamotu en Polynésie française. Véritable joyau d'émeraude il vient d'être classé par l'Unesco réserve de la biosphère. Une appellation qui s'inscrit dans un projet international de développement durable, dans une recherche d'harmonie constante entre activités humaines et préservation de la nature.

  
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L'immense lagon de Fakarava, un rectangle de 40 milles de long par 10 de large, est ouvert sur l'océan par deux passes. A chaque marée, deux fois par jour, le lagon se vide et se remplit tour à tour, l'eau s'engouffre dans les goulets, portée par des courants auxquels il est impossible de résister. La vitesse du flot sortant atteint six noeuds à la passe Nord !

Atoll de Fakarava, dans l'archipel des Tuamotu - Réserve de la biosphère. Vue sur le platier corallien, qui affleure presque en surface. © Photographe Alexis Rosenfeld Tous droits réservés

Au courant rentrant, elle atteint cinq noeuds. Les passes deviennent alors le terrain de chasse privilégié des requins gris, requins citrons, mais aussi raies mantas, barracudas en bancs si serrés qu'ils cachent la lumière, napoléons énormes, mérous, dauphins, raies mantas qui filtrent inlassablement le plancton. Tous les carnassiers poursuivent leurs proies dans le courant, fondent comme des ombres sur les poissons convoités, qui ne peuvent espérer le salut que s'ils atteignent le lagon, où les grands prédateurs cessent leur poursuite.

Atoll de Fakarava, dans l'archipel des Tuamotu - Réserve de la biosphère. Requin gris de recif (Charcharhinus amblyrhynchos, grey reef shark) au dessus du recif corallien. © Photographe Alexis Rosenfeld Tous droits réservés

En fin de journée, les dauphins rassasiés ne pensent plus qu'à jouer, remontant à contre-courant, propulsant leurs corps tout en muscles au dessus des vagues qui agitent les passes, multipliant les sauts, comme une bande de gamins excités ; tandis qu'à l'extérieur, sur les tombants coralliens qui chutent vertigineusement à plus de deux mille mètres de fond rôdent les grands pélagiques, requins marteaux et requins tigres.