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La chauve-souris, ce mammifère volant

Dossier - Chauve-souris : à la découverte d'un animal fabuleux
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Les chauves-souris font partie des mammifères placentaires. À la fois mythiques et mystérieuses, objets de peur ou signes de bonheur, les chauves-souris forment un monde que nous allons tenter de parcourir au long de ces quelques pages.

  
DossiersChauve-souris : à la découverte d'un animal fabuleux
 

Le plus ancien fossile de chauve-souris date de l'Éocène au début de l'ère tertiaire, il y a 50 millions d'années, il vient de Messel près de Darmstadt en Allemagne.

Phyllostome coloré, Phyllostome discolor. © Ivan Kuzmin, Shutterstock

Les chauves-souris étaient déjà évoluées, peu différentes des formes actuelles. C'est sans doute la possibilité de répondre immédiatement, par la migration ou l'hibernation par exemple, aux variations importantes de climat qui a valu à ces insectivores de passer au travers des sautes d'humeur du climat européen au quaternaire... et ce sont encore des facteurs climatologiques qui déterminent leur répartition actuelle.

Fossile de chauve-souris.

Les chauves-souris font partie des mammifères placentaires. Il y a environ 4.500 espèces de mammifères dont la moitié sont des rongeurs, le quart des chauves-souris et seulement le quart pour tous les autres : ceci ne devrait jamais être oublié dans la protection de la nature, comme d'ailleurs le fait que les insectes à eux seuls représentent 90 % de toutes les espèces animales (une estimation seulement : on ne connaît pas toutes les espèces d'insectes).

Adaptation au vol chez les vertébrés

Il n'y a eu que trois fois chez les vertébrés une adaptation spécifique au vol dans l'histoire de la vie, exception faite d'un patagium existant chez le Cynocéphale (dermoptère) et le Pétauriste (écureuil volant).

Le Ptérodactyle : il appartient aux Ptérosauriens (reptiles). Seul le doigt numéro 5, très allongé supporte la membrane alaire, le patagium. Ces animaux, excellents planeurs, ne pratiquaient le vol battu qu'exceptionnellement. Ils ont terminé leur évolution avec des exemplaires de 11-12 mètres d'envergure et 86 kilogrammes !

Squelettes des pattes avant.

Les chiroptères : les chauves-souris (mammifères) ont cinq doigts dont quatre pour l'aile, les numéros 2 et 3 formant le bord d'attaque. Elles pratiquent le vol battu, le vol stationnaire et éventuellement le vol plané, et peuvent atteindre 50 km/h, les fréquences de battements des ailes peuvent être de 10 par seconde.

Les oiseaux : main à trois doigts, numéros 2-3-4 soudés et renforcés (pas chez Archéoptéryx où ils ont encore tous une griffe). Le numéro 2 a encore souvent une griffe. La surface portante est formée de plumes fixées perpendiculairement au squelette. L'apparition de l'aile entraîne une bipédie de type digitigrade chez l'oiseau : les métatarsiens 2-3-4 sont soudés.

Mesures sur l'animal. © C. König, tous droits réservés

Détermination de l'animal

L'avant-bras, l'oreille, la denture, entre autres, sont des critères importants de détermination. L'ossification des articulations permet de déterminer s'il s'agit d'un jeune ou d'un adulte. La mesure de croissance se fait par transparence, on détermine le taux d'ossification de la main, chez les individus capturés.

Classification chez les chiroptères

  • Les Mégachiroptères : toutes habitantes des tropiques souvent frugivores, nous n'en parlerons pas ici.
Mégachiro dans les arbres.
  • Les Microchiroptères : la plupart sont insectivores ou mangent de petites proies comme des grenouilles par exemple, les autres sont nectarivores. Le genre vampire (Amérique du Sud) se nourrit de sang. En France, nous avons quatre familles : en voici la liste avec leurs représentants.
  • Les Rhinolophidés : sur les 70 espèces mondiales, cinq vivent en Europe. Elles émettent des ultrasons au travers d'appendices appelés « feuilles nasales ». Les oreilles sont larges à la base, pointues à l'extrémité, et ne possèdent pas de tragus (ils ont un anti-tragus). Au repos, les ailes enveloppent l'animal.
Pipistrelle. © C. König, tous droits réservés
  • Les Verspertilionidés : sur les 320 espèces dans le monde (40 genres), 25 vivent en Europe. Le museau est lisse et ne possède pas d'appendices nasaux. Les oreilles ont un tragus, les ailes au repos sont repliées le long du corps.
Oreillard. © C. König, tous droits réservés
  • Les Minioptéridés : une seule espèce en France constitue les plus importants groupements de chauves-souris que l'on peut trouver sous terre ; son aire de répartition semble être au sud de la Loire. Quelque 280 millimètres d'envergure, bon voilier, son front est bombé et ses cris permettent de l'identifier facilement.
  • Les Molossidés : sur les 52 espèces dans le monde, une seule vit en Europe. Avec une lèvre supérieure comprenant cinq plis, ses narines s'ouvrent vers l'avant. L'uropatagium est court, et la queue libre dépasse largement.