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    Chez les oiseaux chanteurs, l'existence de variations entre populations est aujourd'hui incontestable et concerne de nombreuses espècesespèces. Nous prendrons ici l'exemple du bruant à couronne blanche (Zonotrichia leucophrys)), qui peuple les forêts d'Amérique du Nord, et celui du troglodyte de Caroline (Thryothorus ludovicianus).

    Les oiseaux ont des dialectes, mais sont-ils d'ordre culturel ? Ici, le troglodyte de Caroline (<em>Thryothorus ludovicianus</em>). © Kelly Colgan Azar, CC by-nc 2.0

    Les oiseaux ont des dialectes, mais sont-ils d'ordre culturel ? Ici, le troglodyte de Caroline (Thryothorus ludovicianus). © Kelly Colgan Azar, CC by-nc 2.0

    Le bruant à couronne blanche commence en général son chantchant par un sifflement assez long, suivi d'un autre sifflement plus bref ou d'un bourdonnement. Ensuite, les syllabes sont construites et enchaînées au gré des populations. La constructionconstruction laissée « libre » constitue le dialecte local, spécifique des habitants d'une même région et présentant des points communs avec les dialectes des voisins.

    Le bruant à couronne blanche (<em>Zonotrichia leucophrys</em>) peut avoir plusieurs dialectes selon les régions d'Amérique du Nord. © Wolfgang Wander, <em>Wikimedia Commons</em>, CC by-sa 3.0

    Le bruant à couronne blanche (Zonotrichia leucophrys) peut avoir plusieurs dialectes selon les régions d'Amérique du Nord. © Wolfgang Wander, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

    Une fois installé, un dialecte est stable : au moins 26 ans chez le bruant à couronne blanche, chez qui on en a compté plusieurs dizaines ! Les sources de variations dans les chants sont en effet nombreuses. Composition des syllabes, emplacement dans la phrase, nombre de répétitions des syllabes et des trilles, longueur des pauses entre deux phrases...

    Le troglodyte de Caroline (Thryothorus ludovicianus) ajoute de l'exotisme : il peut commencer et arrêter ses phrases où il veut. On note d'ailleurs de nombreux cas de petites adaptations individuelles.

    Comme chez les dauphins, chaque oiseauoiseau chanterait le dialecte adopté par son groupe mais ajouterait quelques modulationsmodulations personnelles. Ce qui n'est pas si étonnant. Après tout, on n'a pas encore trouvé deux humains ayant exactement la même façon de parler...

    Le troglodyte de Caroline (<em>Thryothorus ludovicianus</em>) est un oiseau chanteur. © Ken Thomas, DP

    Le troglodyte de Caroline (Thryothorus ludovicianus) est un oiseau chanteur. © Ken Thomas, DP

    L'apprentissage du chant chez les oiseaux

    Les oiseaux ont donc des dialectes, mais sont-ils d'ordre culturel ? Tout semble le montrer. Ne serait-ce que le long apprentissage nécessaire à leur maîtrise complète. Certes, chaque oiseau qui sort de son œuf, même dans l'isolement le plus total, arrive à faire du bruit. Mais la structure exacte du chant, chez un oscineoscine, n'est pas forcément innée.

    Le chant des oiseaux est un apprentissage. © Patrick Goulesque

    Le chant des oiseaux est un apprentissage. © Patrick Goulesque

    Pour beaucoup, il faut du temps avant de chanter parfaitement. Au contraire, un coq, qui est tout sauf un oiseau chanteur, coqueriquera toujours de la même façon, qu'il écoute ses congénères les pieds dans le fumier d'une ferme auvergnate ou qu'il grandisse seul sur la tourbe du Connemara.