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Biosurveillance dans les villes avec les lichens

Dossier - Les lichens : témoins de la pollution atmosphérique
DossierClassé sous :Environnement , Nature , lichen

Les lichens sont des organismes symbiotiques associant un champignon à une algue. Ils sont utilisés depuis plusieurs décennies pour évaluer la qualité de l’air. Tentons de comprendre pour quelles raisons ces organismes vivants sont de bons témoins de la pollution atmosphérique.

  
DossiersLes lichens : témoins de la pollution atmosphérique
 

Les milieux anthropisés tels que les villes ou les zones industrielles sont les premières cibles de la biosurveillance par les lichens. Bien que moins abondants qu'en forêt, les lichens se retrouvent sur les arbres urbains, permettant d'apprécier la qualité de l'air dans ces conditions.

Lichens sur les grilles d'un jardin.© Daplaza, CC by-sa 3.0

Les lichens dans les villes

Malgré leur sensibilité à la pollution atmosphérique limitant leur développement, certaines espèces corticoles se retrouvent en milieu urbain. Depuis plusieurs décennies, les lichens sont utilisés en bioaccumulation dans des recherches scientifiques italiennes, portugaises ou encore britanniques mesurant les concentrations en métaux (plomb, cuivre, zinc) à proximité d'une source locale (incinérateur de déchets, usine, mine). Des expériences de transplantation (biosurveillance active) ont également été mises en œuvre là où la présence spontanée de lichens n'est pas suffisante pour réaliser toutes ces mesures. Des observations linéaires en s'éloignant de la source ont montré son impact local, les teneurs en métaux diminuant fortement avec la distance.

Lichens corticoles utilisés en biosurveillance des milieux urbains. © Yannick Agnan - Tous droits réservés

La bioindication par les lichens est une seconde approche adaptée aux zones anthropisées. De nombreuses communes se dotent actuellement d'un tel outil pour évaluer simplement la qualité de l’air. À titre d'exemple, des relevés lichéniques sont réalisés par l'Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions (IECP) sur une centaine de sites dispersés dans toute la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).

Des analyses de bioaccumulation lichénique en métaux et polluants organiques (dioxines et hydrocarbures aromatiques polycycliques) sont réalisées en parallèle pour déterminer l'origine des perturbations observées.