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Les lichens dans leur environnement

Dossier - Les lichens : témoins de la pollution atmosphérique
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Les lichens sont des organismes symbiotiques associant un champignon à une algue. Ils sont utilisés depuis plusieurs décennies pour évaluer la qualité de l’air. Tentons de comprendre pour quelles raisons ces organismes vivants sont de bons témoins de la pollution atmosphérique.

  
DossiersLes lichens : témoins de la pollution atmosphérique
 

La diversité lichénique s'élève à 20.000 espèces différentes sur Terre. L'ensemble des caractères morphologiques permet de distinguer ces différentes espèces. Les lichens peuvent coloniser tout type de milieux (troncs, roches, sols...) grâce à une dynamique écologique complexe au sein des écosystèmes terrestres décrivant des associations appelées cortèges lichéniques.

Teloschistes chrysophthalmus est une espèce de lichen fruticuleux qui se développe sur les branches d’arbustes exposées au Soleil. © Yannick Agnan - Tous droits réservés

Diversité chez les lichens

Les lichens présentent une grande diversité, tant en nombre d'espèces qu'au niveau de leur morphologie. Les lichénologues estiment à 20.000 le nombre d'espèces de lichens présentes dans le monde, dont près de 3.000 ont été rapportées en France. À chaque espèce de lichen correspond une espèce distincte de champignon. La morphologie des lichens est très variable, ce qui permet de décrire six formes principales : les thalles crustacés (en forme de croûte), les thalles foliacés (structure feuillue au pourtour), les thalles fruticuleux (tiges ou lanières pendantes ou dressées), les thalles complexes (thalle primaire adhérant au substrat, surmonté d'un thalle secondaire en forme de cônes allongés), les thalles squamuleux (petites écailles) et les thalles gélatineux (structures sombres et gélatineuses à l'état humide, de formes variables).

Les lichens présentent une grande diversité morphologique : thalles crustacé, foliacé, fruticuleux et complexe (de gauche à droite). © Yannick Agnan - Tous droits réservés

Leur grande diversité rend difficile leur détermination. L'ensemble des caractères morphologiques (type de thalle, taille, couleur, présence de structures de reproduction, présence de rhizines d'ancrage), microscopiques (couleur et forme des spores reproductives) et chimiques (colorations après application de réactifs chimiques qui révèlent la nature des substances lichéniques) est indispensable pour préciser le nom de l'espèce. De nombreuses clefs, notamment françaises et britanniques, ont été élaborées pour faciliter cette détermination.

Écologie des lichens

La diversité spécifique s'applique à une variété de milieux de vie. Ainsi, certaines espèces de lichens préfèrent coloniser les arbres (lichens corticoles) tandis que d'autres choisissent des substrats rocheux (espèces rupicoles) ou encore le sol (espèces terricoles). Certains lichens caractérisent les roches calcaires (comme Lecanora albescens) alors que d'autres préfèrent les roches siliceuses (par exemple Rhizocarpon geographicum). Les conditions climatiques (ensoleillement, humidité, chaleur) ont aussi leur importance dans l'établissement de certaines espèces selon leurs affinités. Des associations de lichens émergent, qui décrivent des cortèges lichéniques évoluant avec l'environnement (milieu ouvert, jeune forêt, forêt dense). L'étude de ces cortèges et de leur succession s'appelle la lichénosociologie.

Rhizocarpon geographicum est une espèce rupicole préférant les substrats acides. © Yannick Agnan - Tous droits réservés

On attribue souvent aux lichens - peut-être à tort d'après certains lichénologues - un rôle pionnier dans la mise en place des écosystèmes, à travers leur fonction d'altération des roches par l'action des acides lichéniques. La forêt est un écosystème avec des variations météorologiques d'un arbre à l'autre (qui constituent la micro-météorologie). Dans ce contexte, les lichens - tout comme les mousses - ne se répartissent pas exclusivement sur la face de l'arbre la moins exposée au soleil (faces orientées au nord), contrairement à une idée très répandue.