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Evaluation et cartographie du risque d'incendie de forêt

Dossier - Les incendies de forêts
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Tous les ans, les incendies de forêts ravagent plusieurs centaines de milliers d'hectares dans le sud de l'Europe. Plus de la moitié des feux présentent une ou plusieurs sautes de particules incandescentes donnant naissance à des foyers secondaires.

  
DossiersLes incendies de forêts
 

Le massif des Maures (83) s'étend sur environ 135 000 ha. Il présente de bonnes potentialités forestières associées à une forte sensibilité au feu qui a régulièrement menacé les vies, les installations humaines et les espaces naturels.

Par la loi du 02/02/95, l'Etat a instauré les Plans de Prévention des Risques qui ont pour objectifs de délimiter les zones exposées aux risques naturels et de définir les mesures de prévention, de protection et de sauvegarde nécessaires.

Incendies dans le Massif des Maures - Photo copyright Agnès Bugin

Le Syndicat Intercommunal du Pays des Maures et du Golfe de St-Tropez a sollicité le Cemagref pour élaborer une méthodologie d'évaluation et de cartographie du risque d'incendie sur les Maures.

Cette étude a reçu le concours financier de l'Etat (ministères de l'Agriculture et de l'Environnement), de l'Union Européenne et des communes du massif des Maures.

  • Identifier des niveaux de risque
Le Massif des Maures

L'objectif était de découper le massif en différentes intensités de risque, en fonction des facteurs du milieu humain et du milieu naturel. La méthodologie retenue (statique donc sans scénario de feux) repose sur une analyse séparée de l'aléa feu de forêt, décomposé en risque d'éclosion et risque de propagation et des enjeux menacés.

  • Cartographier l'aléa et les enjeux menacés

Le risque d'éclosion résulte de la combinaison d'indices de risque élémentaires relatifs à l'habitat, aux lieux de fréquentation humaine, aux lignes EDF et voies SNCF, au réseau routier et à l'inflammabilité de la végétation.
Pour évaluer l'inflammabilité de la végétation, une cartographie du stress hydrique du combustible a été réalisée par le laboratoire de télédétection de Montpellier à partir du traitement d'images satellitaires.

Le risque de propagation résulte de la combinaison d'indices élémentaires relatifs à la vitesse du vent, à l'effet combiné de l'exposition, de la direction du vent et de la pente et à la combustibilité de la végétation.Les phénomènes aérologiques ont été étudiés par une simulation en veine hydraulique réalisée par le Centre de Recherche de la Météorologie Nationale à Toulouse. Cette simulation a permis de connaître la vitesse, la direction et les turbulences du vent local.

La combustibilité de la végétation a été estimée à partir d'indices relatifs à sa composition (cartes de l'Inventaire Forestier National), sa structure (cartographie à partir de photographies aériennes et de relevés sur le terrain) et son état hydrique (estimé par télédétection).
Chaque niveau d'information a été intégré dans un Système d'Information Géographique.

Un inventaire non hiérarchisé des enjeux menacés a été réalisé en distinguant les enjeux humains, les zones sensibles à l'érosion, les unités paysagères, les zones visibles des routes et des villages, les ZNIEFF et ZICO, les richesses floristiques, les sites naturels, classés et inscrits.

Les résultats se présentent sous forme de cartes à l'échelle du 1/50000e. Leur résolution est de 250 m. La cartographie de l'aléa comprend des cartes élémentaires représentant les facteurs du milieu qui contribuent au risque et des cartes synthétiques sur le risque d'éclosion et le risque de propagation.

Les compétences mises en œuvre sont variées : écologie, biologie végétale, aérologie, télédétection, incendies de forêts, Système d'Information Géographique.

Certaines de ces compétences ont été apportées par l'équipe PFCI du Cemagref, d'autres par des laboratoires partenaires dans le cadre des collaborations engagées pour cette étude.
Des travaux complémentaires sont en cours pour adapter la méthodologie à l'échelle des Plans de Prévention des Risques.