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Comment la forêt renaît de ses cendres

Dossier - Les incendies de forêts
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Tous les ans, les incendies de forêts ravagent plusieurs centaines de milliers d'hectares dans le sud de l'Europe. Plus de la moitié des feux présentent une ou plusieurs sautes de particules incandescentes donnant naissance à des foyers secondaires.

  
DossiersLes incendies de forêts
 

Tous les étés, ça recommence ! Les médias nous font vivre en direct la grande flambée méditerranéenne. Puis le silence retombe sur les squelettes d'arbres noircis, et on oublie ... jusqu'au prochain été.

Mais sur place la vie tente de renaître de ses cendres, et les forestiers s'interrogent : faut-il reboiser ou laisser faire la nature ? Quid de la biodiversité derrière un tel désastre ?

"Les différents modes de régénération après incendie" 1 - Dissémination des graines par le vent et les animaux à partir des zones non brûlées. 2 - Rejets des arbres à partir de la souche, ou des racines (drageons). 3 - Germination des graines profondément enfouies dans le sol ayant survécu à l'incendie.

Associée à l'Institut Méditerranéen d'Ecologie et de Paléoécologie (Université de Marseille/CNRS), une équipe du Cemagref (Division Agriculture et Forêt Méditerranéennes), va tenter pendant trois ans de mesurer et comprendre la dynamique spatiale des végétaux dans les espaces incendiés. Ce projet est financé par le MAP, via un appel d'offres du GIS "Incendie", et par le Conseil Régional PACA.

  • Programme de travail
L'originalité de l'étude est de prendre en compte la taille et la forme du feu. En plus d'une centaine de placettes de suivi de la végétation, des pièges à graines installés suivant des transects permettront de mesurer l'intensité et la sélectivité des pluies de graines apportées par le vent. Des prélèvements de sol et de litière, effectués juste après l'incendie et mis en chambre de culture, mettent en évidence la banque de graine du sol, qui a en partie échappé au feu.

Chaque placette fait l'objet de 4 relevés exhaustifs de la flore à un an d'intervalle, et d'une caractérisation écologique précise, prenant en compte le sol (au moins 1 fosse pédologique par placette), la roche sous-jacente, la topographie, l'exposition, le climat, la continentalité. A l'aide d'un GPS et de photos aériennes géoréférencées, on relève très précisément les positions des placettes, les contours du feu, des zones ayant totalement ou partiellement échappé au feu (refuges, sources de graines). Le tout est reporté dans un SIG et sur fond de carte, permettant le calcul des distances et des surfaces, et tous types d'analyses spatiales.

La flore et son évolution pourront ainsi être interprétées finement dans leur contexte à la fois stationnel et spatial.

Autre point important du projet, le suivi de la régénération du pin d'Alep. Séchés par la chaleur du feu, les cônes vont libérer en quelques jours jusqu'à 250 graines/m² : leur chant du cygne, et l'espoir fragile d'une renaissance. Comprendre la répartition des graines, leur germination, et pourquoi ces millions de graines peuvent parfois totalement échouer sur de grandes surfaces est essentiel pour les forestiers. Prédation, chaleur excessive du sol noirci, érosion liée aux violents orages de fin d'été, gels des hivers suivants, ... sont autant d'hypothèses que l'on va tenter de valider en forêt et en laboratoire.

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