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L'espoir renaît pour Galileo, le GPS européen

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Alors que tout espoir semblait perdu, le projet européen de navigation par satellite Galileo refait surface suite à une surprenante décision du gouvernement allemand, qui n'en n'est plus à un revirement près.

Suivant le quotidien Bild, l'Allemagne a décidé de soutenir Galileo et annoncera lors du sommet européen de Barcelone vendredi prochain sa décision de débloquer 160 millions d'euros destinés à la phase de lancement du projet.

Cette décision peut surprendre. En effet, après avoir longtemps accordé une confiance sans réserve au projet, l'Allemagne décidait le 14 décembre dernier de tergiverser et retarder son lancement le plus possible, voire le compromettre. Ce revirement coïncidait avec les prises de position de plus en plus virulentes d'acteurs politiques américains, qui considèrent Galileo comme une menace sérieuse du monopole qu'ils exercent aujourd'hui tant sur le plan stratégique que commercial avec le GPS (Global Positioning System).

Cependant cette opposition ne faisait pas l'unanimité au sein du gouvernement allemand, car pendant que le Ministre des transport Kurt Bodewig émettait des avis défavorables à Galileo en invoquant d'hypothétiques dérives financières, le Ministre de la Recherche, Edelgard Bulmahn, continuait de marquer un vif enthousiasme envers le projet européen.

Mais surtout, il y eut cet accord-cadre conclu le 12 février dernier à Paris par le Centre national d'études spatiales (Cnes) et le Centre aérospatial allemand (Deutsches Zentrum fuer Luft-und Raumfahrt/DLR), prévoyant une "coopération renforcée" dans le domaine spatial et dont un des objectifs prioritaires était de "concrétiser des projets en cours de discussion". Pour les observateurs aucun doute n'était permis, Galileo justifiait à lui seul cet accord.

Les Ministres des Transports et de la Recherche des Quinze ont-ils réussi à faire entendre raison à leurs homologues allemands, ou ceux-ci se seraient-ils soudain sentis animés d'un salutaire mouvement de patriotisme européen ? Toujours est-il qu'actuellement, les deux seuls pays encore dubitatifs envers Galileo sont la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, mais ceux-ci n'interviennent dans le financement du projet qu'à hauteur de moins de 1%.

Le Président de la Commission européenne Romano Prodi espère ardemment voir la situation se débloquer au cours du congrès de Barcelone, vendredi et samedi prochains. "Je ne peux qu'espérer que Barcelone imprimera un nouvel élan au projet Galileo, même si il n'y a pas de décision formelle" à prendre pendant le sommet, a-t-il déclaré.

La réunion de la dernière chance se tiendra à Bruxelles le 26 mars, lors de la réunion des ministres des Transports de l'Union européenne à Bruxelles. Si le lancement de la phase de développement du projet n'est pas obtenu alors, le projet sera vraisemblablement abandonné, et avec lui le rêve d'une Europe stratégiquement, commercialement et militairement indépendante.

Voir aussi notre article "L'Europe malade de Galileo".

Constellation Galileo crédit : ESA

Par Rama, Futura-Sciences Paris

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