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Tendances et défis pour l'avenir

Dossier - Energie, transports, climat
DossierClassé sous :développement durable , climatologie , énergie

Ministère de l'environnement

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L'énergie et les transports sont au centre des paradoxes de développement durable : tous deux sont indispensables au développement et à la croissance socio-économique ; mais leurs évolutions actuelles vont de paire avec des risques inacceptables pour l'humanité : l'épuisement des ressources naturelles non renouvelables (notamment des combustibles fossiles), la dégradation de l'environnement (notamment atmosphérique), et l'accroissement de la fracture entre pays riches et pays pauvres, en terme d'accès aux services énergétiques.

  
DossiersEnergie, transports, climat
 
  • Explosion attendue de la consommation énergétique et du transport

A l'horizon de 2050, la population devrait être comprise entre 8 et 10 milliards d'habitants (contre 6 en ce début de siècle), dont la majorité dans les pays aujourd'hui en développement. En 1950, 2,5 milliards d'individus consommaient 1,6 milliard de tonnes-équivalent pétrole (Gtep), et en 1995, 5,7 milliards consommaient 9 Gtep. Si en 2050, l'habitant moyen des pays en développement consommait autant que le Japonais de 1973, la consommation mondiale atteindrait 30 Gtep, soit quatre fois celle d'aujourd'hui. Même en imaginant une consommation très économe, les experts semblent se retrouver pour estimer qu'un doublement (voire un triplement) de la consommation actuelle est assurée.

Ainsi, l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) estime (L'énergie dans le monde d'ici à 2020 : défis et perspectives) que le scénario du statu quo (politiques énergétiques en vigueur en ce tout début du XXIème siècle inchangées) la demande mondiale d'énergie augmenterait de 65 % et les émissions de dioxyde de carbone (CO2) d'au moins 70 %, entre 1995 et 2020, cette augmentation étant due aux deux tiers par la Chine et les autres pays en développement. Cette augmentation serait principalement causée par la demande mondiale d'électricité et d'énergie pour la mobilité (transports) qui ne cesse de croître : à lui seul, le secteur des transport, devrait voir sa demande énergétique croître, d'ici 2020, de 1,5 % par an dans les pays industrialisés et de 3,6 % par an dans les pays en développement. Cette croissance sera fortement liée à la mondialisation économique, qui favorise l'augmentation des échanges de biens, de services, et de personnes, mais également favorisée par la croissance économique des pays en développement, et l'augmentation moyenne des revenus. Dans les pays en cours d' industrialisation rapide comme la Chine et d'autres pays en développement, une forte croissance de la consommation de combustibles fossiles pour les applications fixes (industries, chauffage deslogements et de l'eau,..) est également à prévoir.

  • Laisser faire mène à l'impasse : risques de demain.

Le scénario du status quo est intolérable : Au niveauxattendus de consommation, les différents risques auxquelsexposent la production et la consommation d'énergie seront difficiles à maîtriser : épuisement des ressources naturelles, changement climatique, risques liés à la sécurité et au devenir des déchets nucléaires, concurrence dans l'usage des sols.

A. Changement climatique : constats et effets

Le Changement Climatique est tenu pour l'une des menaces les plus sérieuses pesant sur la durabilité de l'environnement de la planète, sur la santé et le bien-être humain, et sur l'économie mondiale. Les scientifiques s'accordent en général pour admettre que le climat de la Terre se trouve affecté par l'accumulation des gaz à effet de serre, tels que celui du dioxyde de carbone, causée par les activités anthropiques, comme dans les domaines de la génération de l'électricité, de l'agriculture et des transports. Nonobstant des incertitudes qui perdurent, la majorité des scientifiques estiment que des mesures de précaution sont à prendre et qu'une action rapide est nécessaire.

Les scientifiques du Groupe intergouvernemental sur l'Evolution du climat (IPCC en anglais) prévoient ainsi :

· une hausse moyenne des températures entre 1990 et 2100 de 1,5 à 6°C. Durant la même période, la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère (aujourd'hui de 367 ppm) devrait atteindre 540 à 970 parties par millions (ppm).
· une élévation du niveau de la mer due à la fonte des calottes glacières et des glaciers et pouvant aller de 0,14 à 0,80 m entre 1990 et 2100, avec pour conséquence la submersion de certaines îles et terres côtières, l'inondation de deltas, de forêts de palétuviers et zones de végétation côtières et le déplacement de millions de personnes.
· la possibilité de voir se multiplier les manifestations climatiques extrêmes telles que les sécheresses, les cyclones, les tempêtes tropicales et les crues.
· un déclin du rendement de la production céréalière de 10 à 15 % en Afrique, en Amérique Latine et en Asie au cours des 50 prochaines années. Un huitième de la population mondiale serait alors menacé de famine. La production agricole pourrait également baisser dans les pays d'Amérique du Sud et d'Europe.
· Nombre de récifs de coraux seront menacés par le réchauffement de la mer et l'élévation de son niveau.

Beaucoup de zones forestières, sur tous les continents, sont susceptibles de connaître une réduction de leur étendue, voire de disparaître en raison du changement des habitats. Beaucoup d'autres espèces et habitats seront affectés.

B. Epuisement des ressources naturelles

C. Energie nucléaire : L'avenir du nucléaire, qui couvre aujourd'hui de l'ordre de 8 % de la consommation énergétique mondiale, est difficile à anticiper. S'il est qualifiable de positif en comparaison à d'autres filières énergétiques, lorsqu'il s'agit de ses effets sur le changement climatique, l'avenir du nucléaire dépend aujourd'hui de la manière dont évolueront, au niveau international et aux niveaux nationaux, les règles de sûreté et la gestion du devenir des déchets.