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Paquet Energie-Climat : consensus diplomatique pour l'environnement

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« Exemple fantastique », « signe de détermination et de courage », « échec », « journée noire »... les qualificatifs varient beaucoup après l'accord final, vendredi 12 décembre, sur le Paquet Climat-Energie qui définit les objectifs de réduction de gaz à effet de serre dans l'Union européenne jusqu'en 2020. Mais, au moins, il y a eu un accord...

La mine de charbon à ciel ouvert de Bielszowice, en Haute-Silésie (Pologne). Le pays demande du temps pour moderniser son industrie de production électrique. © GNU Free Documentation License

« Il n'y a pas un continent au monde qui se soit doté de règles aussi contraignantes » : Nicolas Sarkozy, pour la dernière réunion européenne sous la présidence française, a affirmé sa satisfaction. Depuis la conférence internationale sur le climat de Poznan, John Kerry, président de la Commission des Affaires étrangères du Sénat américain (et ancien candidat démocrate à l'élection présidentielle contre George W. Bush en 2004), a parlé d'un « exemple fantastique ». Yvo de Boer, responsable des Nations unies pour le climat, y a vu un signe « de détermination et de courage ».

Vendredi 12 décembre 2008, en effet, les 27 pays européens, en conférence à Bruxelles, ont décidé d'une suite de mesures baptisée Paquet Energie-Climat. L'objectif « des 3 x 20 » a été affirmé : réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre, atteindre 20% d'énergies renouvelables et économiser 20% d'énergie.

L'accord final est sauf. L'Italie n'a pas imposé de blocage, l'Allemagne ne s'oppose plus au mécanisme de solidarité envers les pays de l'est, la Hongrie, qui voudrait obtenir plus, a signé malgré des protestations vendredi matin encore et la menace de revenir à la charge même après la signature, et la Pologne est satisfaite.

Manœuvres et négociations

Pour que l'accord aboutisse, les objectifs initiaux ont dû être un peu rognés. Ces concessions sont officiellement « des exemptions ». En clair, le train de mesures ne roulera pas à la même vitesse partout en Europe. Pour Greenpeace, WWF, Les Amis de la Terre et d'autres organisations non gouvernementales, cette régression est telle que ce Paquet est « un échec » et que le 12 décembre 2008 est « une journée noire ».

Ces désormais fameuses exemptions portent sur les permis d'émission de gaz carbonique, qui sont aujourd'hui alloués selon des quotas. En 2013, ils deviendront payants et vendus aux enchères, de manière à inciter l'industrie à réaliser les investissements nécessaires. Mais de nombreux pays en seront partiellement exonérés et leur application sera de fait graduelle entre 2013 et 2020. C'est le secteur électrique de la Pologne et des pays de l'Europe centrale qui est concerné. Les centrales au charbon actuellement largement utilisées sont de gros fournisseurs de gaz carbonique pour l'atmosphère. A partir de 2013, ces industries recevront 70% de permis gratuits d'émission.

Au moins, grâce à cet accord de compromis, l'Union européenne arrivera à peu près unie à la prochaine réunion internationale sur le climat, à Copenhague en décembre 2009. La précédente, la conférence de Poznan, s'est clôturée ce même vendredi 12 décembre 2008. La plupart des pays du monde y ont discuté sur les actions à mener après le protocole de Kyoto. Finalement, on ne peut guère parler d'un accord sur le climat mais, au moins, le fonds en faveur des pays pauvres, actuellement de 60 millions de dollars, a été débloqué. A Copenhague, une Europe  - un peu - plus motivée et la nouvelle administration américaine arriveront avec de meilleurs arguments. Vivement 2010...

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