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Nucléation, CCN et réchauffement : conclusion provisoire

Dossier - Réchauffement : le rôle des UV, nuages et rayons cosmiques
DossierClassé sous :climatologie , Environnement , changement climatique

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Ce dossier est le deuxième d'une série de trois qui essaient de faire le point sur les mécanismes susceptibles de modifier le climat de la planète. Le premier abordait les différents forçages. Dans ce celui-ci on examine les mécanismes qui pourraient peut-être les amplifier.

  
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En conclusion, quel est donc le rapport entre le réchauffement climatique, les phénomènes d'ionisation et les nuages ?

© NASA/Jeff Williams, Wikimedia commons, DP
Peut-on déterminer exactement les causes du réchauffement ? © DR

Pour le moment, en tout cas, la question n'a pas (pas encore ?) de réponse définitive et il est probable qu'on verra encore de nombreux papiers contradictoires sur ce sujet. On peut quand même essayer de mieux cerner la question.

Conclusion sur l'ionisation

Il est très probable que les phénomènes d'ionisation ont une influence réelle sur la nucléation, ce qui donc module la quantité d'agrégats mais beaucoup d'autres facteurs entrent en jeu, en particulier la quantité de H2SO4 disponible joue très certainement un rôle au moins aussi important. 

Conclusion sur la nucléation

Il est très probable que, sous certaines conditions, le nombre de CCN est sensible au rayonnement cosmique, cependant il faut avoir en tête que la nucléation n'est pas toujours le processus dominant dans la formation des CCN. Par exemple l'évaporation de l'eau des embruns donne naissance à des particules de sel qui sont déjà de grande taille et qui sont très hydrophiles et sont donc très privilégiées dans le processus d'activation.

Conclusion sur la couverture nuageuse

Il y a donc probablement une influence résultante des GCR sur les propriétés des nuages mais celles-ci sont extrêmement variables et dépendent d'une myriade de paramètres parmi lesquels la nucléation n'est qu'un parmi d'autres. Toute la question est de savoir quelle est l'importance de cette influence. Manifestement, elle n'est pas prépondérante car la corrélation serait indiscutable. Est-elle significative ? Plus précisément, est-elle suffisante pour expliquer tout ou partie de l'amplification solaire ? La question reste ouverte mais soyons clairs, il ne s'agit pas de savoir si l'influence des GCR peut, à elle seule, expliquer le réchauffement actuel car la réponse est définitivement non puisqu'il n'y a pas de tendance à long terme du rayonnement cosmique alors qu'il y en a bien une sur la température. La question est de savoir si l'influence des GCR sur les nuages peut expliquer qu'un forçage de moins de 0,2 W/m2 donne lieu à une variation de température de l'ordre de 0,2 °C. C'est sans doute toute la question mais elle ne manque pas d'intérêt.