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Des lacs et des fronts de glace instables

Dossier - Anticiper les risques glaciaires
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Mercredi 3 juillet 2002 : la sécurité civile italienne sollicite d'urgence François Valla, glaciologue au Cemagref à Grenoble pour ausculter un lac glaciaire sur le versant Est du Mont Rose dans les Alpes italiennes

  
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Les lacs glaciaires quant à eux, peuvent se former sur le glacier (au milieu ou en bordure) ou devant. Les plus fréquents sont situés à l'avant du glacier. Ils apparaissent lors du retrait de la langue glaciaire par le réchauffement climatique. La dépression située à l'avant du glacier et bordée à son extrémité aval par un barrage de matériaux morainiques, va progressivement se remplir d'eau de fonte. Au printemps, c'est la neige qui enrichit le lac et en été, la glace elle-même participe à la production d'eau glaciaire. Souvent, la rivière sous-glaciaire collecte l'eau de fonte du glacier qui s'accumule dans le lac. Si une telle rivière se tarit en été, c'est un signe alarmant de création de poche d'eau.

Trop d'eau ou un colmatage du barrage par la « farine glaciaire » ou un éboulement de glaces et de rochers ou encore le creusement de galeries d'érosion dans le barrage (phénomène de renard) peuvent être à l'origine de la rupture d'un lac glaciaire. Sur son passage, la vague peut emporter jusqu'à cinq à dix fois plus de matériaux que d'eau. Ce phénomène, assez rare, a quand même provoqué la mort de dizaines de milliers de personnes au Pérou et au Népal.

Un nouveau lac supra-glaciaire est en formation sur un glacier de Rochemelon. - Photo : Cemagref - V. Leclerc - tous droits réservés

Un dernier risque doit aussi être pris en compte et analysé : les chutes de glaces. Elles sont liées au mouvement du glacier, à la lubrification de la base du glacier (fonction aussi du réchauffement climatique) et à la topographie du site. Suite à un tremblement de terre en 1970 au Pérou, des chutes de séracs et de rochers provenant du glacier de Huascaran ont ainsi provoqué la mort de plus de quinze mille personnes.