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Dossier - Anticiper les risques glaciaires
DossierClassé sous :climatologie , risque , Glace

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Mercredi 3 juillet 2002 : la sécurité civile italienne sollicite d'urgence François Valla, glaciologue au Cemagref à Grenoble pour ausculter un lac glaciaire sur le versant Est du Mont Rose dans les Alpes italiennes

  
DossiersAnticiper les risques glaciaires
 

Mercredi 3 juillet 2002 : la sécurité civile italienne sollicite d'urgence François Valla, glaciologue au Cemagref à Grenoble pour ausculter un lac glaciaire sur le versant Est du Mont Rose dans les Alpes italiennes.

A 2 200 m d'altitude, ce lac qui n'existait pas encore l'année dernière, arbore déjà une superficie de plus de quinze hectares et son niveau augmente très vite. Des mesures de sécurité s'imposent, le lac doit être vidangé et les populations mises en préalerte d'évacuation... De tels risques glaciaires comme la rupture d'un lac, d'une poche d'eau à l'intérieur d'un glacier ou encore la chute de glaces pourraient bien être accentués ces prochaines années avec le réchauffement climatique.

Mesure de l'épaisseur de la glace grâce à une sonde à vapeur sur le glacier de Rochemelon -
Photo : Cemagref - F.Valla - tous droits réservés

Ces cent dernières années, les Alpes françaises ont connu plus d'une centaine d'événements liés à la rupture de lacs, de poches glaciaires ou à des chutes de glaces. Le plus important a eu lieu à Saint-Gervais en 1892, où la rupture d'une poche d'eau sous le glacier de Tête-Rousse a causé la mort de 200 personnes. Avec le réchauffement climatique, la fonte des glaciers s'accélère. Le glacier de Sarennes, étudié depuis de nombreuses années par le Cemagref, est un bon indicateur de l'évolution du climat. Il a déjà perdu 80 % de sa masse depuis près d'un siècle. Dans 50 ans, il n'en restera plus rien. Si ce glacier est unique en France pour ses campagnes d'étude menées en continu depuis plus de 50 ans, il évolue comme les autres glaciers des Alpes et la plupart des autres glaciers du monde. Les températures estivales fortes font perdre aux glaciers plus de neige qu'ils n'en gagnent en hiver même si les précipitations hivernales sont élevées. Depuis une vingtaine d'années, cette tendance s'accélère et un peu partout, lacs, poches d'eau et fronts instables se développent plus vite.