L’agriculture des pays tropicaux va être littéralement dévastée par les multiples conséquences du réchauffement climatique. Ce dossier tente d’en détailler plusieurs, toutes dramatiques. Liste non limitative malheureusement !

  
DossiersL'agriculture victime du réchauffement - dans les pays tropicaux
 

Le réchauffement climatique provoque une fonte des glaces, ce qui fait monter le niveau de la mer. De plus la montée en température de la mer entraîne sa dilatation. Et la menace pèse sur les deltas.

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) a prévu, dans son rapport de septembre 2019, que le niveau de la mer s'élèverait de plus de 1,10 mètre ; une hypothèse que nombre d’experts jugent optimistes, les scénarios les plus pessimistes évoquant maintenant la possibilité de dépasser les deux mètres.

Delta du Mékong. © ESA, Wikimedia commons, CC 3.0-igo

Si elles ne peuvent pas investir suffisamment pour vivre derrière des immenses digues, des villes comme Miami, New York, Tokyo, Singapour, Canton, Shanghai, Bombay, Calcutta, Djakarta, Abidjan, Lagos, entre autres, et 10.000 îles pourraient devenir inhabitables. La situation va vite devenir dramatique dans les grands deltas tropicaux, puisque les fleuves y sont importants, et ont charrié énormément de limon à travers les siècles. Il s’agit donc de zones à la fois très fertiles, très peuplées et très étendues.

Des deltas menacés

Le delta du Nil par exemple, un triangle d’un peu plus de 100 kilomètres de côté entre Alexandrie, le Caire et Port-Saïd, regroupe un tiers de la population de l’Égypte et produit la moitié de son agriculture ; il risque d’être largement amputé par la montée des eaux. 

Selon le Giec, « d'ici 2100, à cause du changement climatique [...], des centaines de millions de personnes seront affectées par des submersions côtières et déplacées à cause de pertes de terres. La majorité des gens touchés se trouvent en Asie de l'Est, du Sud et de l'Est ». © Senat

Le Bangladesh est installé sur le double delta du Gange et du Brahmapoutre ; ce pays, qui compte actuellement près de 150 millions d’habitants et devrait approcher les 200 millions en 2050, est déjà régulièrement soumis à des inondations catastrophiques sur plus de la moitié de son territoire, et n’aura jamais les moyens d’effectuer les travaux de protection titanesques qu’ont faits les Pays-Bas ; il est donc menacé de devoir évacuer purement et simplement au moins le tiers de son territoire.

Le très fertile delta du Mékong au Vietnam regroupe 17 millions d’habitants et produit la moitié de la production agricole du pays. Il va pour l’essentiel disparaître, et ce ne sera pas l’agriculture de montagne du reste du pays qui pourra produire le riz à sa place !