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Tortue géante des Galápagos

DéfinitionClassé sous :zoologie , Chélonien , carapace
Jadis, les tortues géantes des Galápagos servaient de garde-manger ambulants aux marins au long cours. © Flickr, Joanne Goldby, cc by sa 2.0

Tortue géante des Galápagos (Quoy et Gaimard, 1824) – Chelonoidis

  • Ordre : Testudines
  • Sous-ordre : Cryptodira
  • Famille : Testudinidae
  • Genre : Chelonoidis
  • Taille : 1,20 à 1,80 m 
  • Poids : 200 à 400 kg
  • Longévité : plus de 100 ans

Statut de conservation UICN : VU, Vulnérable

La tortue géante des Galápagos forme un genre subdivisé en dix espèces, si proches les unes des autres que certains scientifiques pensent que neuf d'entre elles sont des sous-espèces de Chelonoidis nigra. Les différentes espèces sont :

  • la tortue de Pinta (Günther, 1877), Chelonoidis abingdonii, dont le dernier spécimen s'est éteint le 24 juin 2012 ;
  • la tortue du nord d'Isabela (Rothschild, 1901), Chelonoidis becki ;
  • la tortue de San Cristobal (Van Denburgh, 1907), Chelonoidis chathamensis ;
  • la tortue de Santiago (Van Denburgh, 1907), Chelonoidis darwini ;
  • la tortue de Pinzón (Garman 1996), Chelonoidis duncanensis ;
  • la tortue d'Espanola (Van Denburgh, 1907), Chelonoidis hoodensis ;
  • la tortue de Floreana (Quoy et Gaimard, 1824), Chelonoidis nigra (espèce éteinte) ;
  • la tortue de Fernandina (Van Denburgh, 1907), Chelonoidis phantastica (espèce éteinte) ;
  • la tortue de Santa Cruz (Rothschild, 1903), Chelonoidis porteri ;
  • la tortue du sud d'Isabela (Günther 1875), Chelonoidis vicina.

La tortue géante des Galápagos est l'une des plus imposantes tortues existantes sur la planète, après la tortue géante des Seychelles. La forme de la carapace et son coloris varient en fonction du milieu qu'offre l'île qui héberge l'espèce. Sur les grandes îles montagneuses et humides, elle acquiert une forme de dôme, et sur les îles moins arrosées, elle est plutôt en forme de selle, évasée ou surélevée au niveau du cou, et retournée à l'arrière. Elle peut être gris-vert ou brune. Les plaques vertébrales, costales et marginales sont proéminentes chez les jeunes sujets. Celles-ci s'usent avec l'âge et deviennent plus lisses. Le plastron est concave chez le mâle et d'une teinte plus claire. La tête est plus grande que celle de la tortue des Seychelles, et si le diamètre du cou est également plus grand, l'organe est plus court. Les membres massifs sont équipés de doigts longs munis de griffes puissantes. La queue est large et aplatie.

Tortues géantes des Galápagos. © Flickr, Dallas Krentzel, cc by 2.0

Habitat de la tortue géante des Galápagos

La tortue géante des Galápagos est endémique de neuf îles de l'archipel du même nom. Leur présence très ancienne sur ces terres qui n'ont jamais été rattachées au continent sud-américain, reste un mystère pour les scientifiques. Certains estiment qu'elles sont peut-être arrivées du continent en étant portées par les courants marins. De nombreuses îles ont été peuplées ainsi.

Environnement naturel de la tortue géante des Galápagos. © Flickr, Dallas Krentzel, cc by 2.0

La tortue géante des Galápagos recharge ses batteries dès l'aube en s'exposant au soleil pendant quelques heures. Puis elle part en quête de nourriture, activité qui l'occupe une bonne partie de la journée. Bien que son espace vital soit réduit, car elle évolue sur des îles, l'animal migre dans les plaines herbeuses situées au pied des montagnes pour brouter l'herbe tendre à la saison des pluies et, à l'inverse, lors de la saison sèche, elle remonte sur les flancs des montagnes, là où les précipitations sont plus abondantes. Malgré sa taille et le fait qu'elle creuse de larges travées sous le couvert de la végétation, la tortue géante des Galápagos est très discrète et passe aisément inaperçue. Son allure est habituellement lente, mais elle sait faire preuve d'une certaine vélocité en cas de besoin urgent. Elle a besoin de chaleur pour digérer la nourriture absorbée. Ainsi, lorsqu'elle en a l'occasion, elle adore s'enfouir dans un trou boueux qui lui permet également d'autoréguler sa température corporelle interne, et de se débarrasser des parasites que les pinsons n'ont pas réussi à retirer.

Bain de boue d’une tortue géante des Galápagos. © Flickr, Joanne Goldby, cc by sa 2.0

Reproduction de la tortue géante des Galápagos

Bien qu'il ait été observé une augmentation d'activité entre janvier et août, la période de reproduction de la tortue géante des Galápagos s'étale sur toute l'année. C'est le seul moment où l'on entend le beuglement des mâles destinés à attirer les femelles. Après l'accouplement, ces dernières migrent à proximité de la côte dans des zones sablonneuses, où elles creusent leur nid à l'aide de leurs pattes postérieures. Le trou de ponte accueille de 2 à 16 œufs de la taille d'une balle de tennis. Celui-ci est ensuite refermé à l'aide de terre humidifiée par l'urine de l'animal. La durée d'incubation varie selon l'espèce et s'étend de 120 à 240 jours. La température interne du nid détermine le sexe de l'embryon. À l'éclosion, les jeunes peuvent mettre un mois pour sortir du nid. Ils pèsent de 80 à 150 grammes pour une taille pouvant atteindre 60 millimètres. Ils grandissent rapidement les premières années, en atteignant près de 70 centimètres à 18 mois, et un peu plus d'un mètre vers trois ans. Ensuite, la croissance ralentit et les juvéniles atteignent leur maturité sexuelle entre 20 et 25 ans.

La tortue géante des Galápagos est herbivore et frugivore. Dépourvue de dents, elle découpe les herbes et les fruits à l'aide de son bec tranchant, en se contentant de rosée pour s'hydrater. Lors de périodes de sécheresse, elle transforme la graisse située sous sa carapace en eau pour satisfaire ses besoins. Mais lorsqu'elle trouve une mare ou un ruisseau, elle est capable d'absorber de grandes quantités de liquide.

Tortue géante des Galápagos en plein repas. © 5 of 7, Flickr, cc by sa 2.0

Menaces sur la tortue géante des Galápagos

La tortue géante des Galápagos était présente par dizaines de milliers par le passé. Ses effectifs se sont dramatiquement réduits par la chasse. Elle servait de garde-manger ambulant aux marins au long court. L'introduction de chèvres qui broutent tous les végétaux dont se nourrit l'animal et l'arrivée des porcs, des rats et des chiens ont été fatales à un grand nombre de jeunes qui n'avaient, avant l'arrivée de l'homme, que la buse des Galápagos comme prédateur. L'île de la Pinta abritait le dernier et plus vieux spécimen de Chelonoidis abingdonnii, qui s'est éteint le 24 juin 2012 sans laisser de descendance. Mais 17 tortues génétiquement proches découvertes sur l'île Isabella appartiendraient à cette espèce, ce qui permettrait un programme de reproduction et d'élevage en captivité. Près de 15.000 individus, dont la plupart en parcs, survivent encore sur six des îles de l'archipel, étroitement surveillés par les services du parc national des Galápagos.

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