Parmi les grandes plaques tectoniques qui découpent la surface terrestre, aucune ne s’appelle Pontus. Et pourtant, elle a bien existé voici quelques dizaines de millions d’années, avant de disparaître totalement. Des chercheurs ont reconstruit son histoire en se basant sur quelques reliques géologiques.


au sommaire


    Eurasie, Afrique, Australie, Pacifique, Amérique du Nord et du Sud..., toutes ces grandes plaques tectoniques qui morcellent la surface du globe terrestre n'ont pas toujours existé sous la forme qu'elles ont aujourd'hui. Regroupées ou sein d’un supercontinent ou super-océan ou au contraire intensément fragmentées, les plaques tectoniques n'ont cessé d'évoluer au fil du temps. Et si de nouvelles se sont formées, comme la plaque Pacifique, d'autres ont disparu, avalées et recyclées dans le manteaumanteau par le processus de subduction.

    Au niveau d’une zone de subduction, une plaque océanique plonge sous une autre plaque, ici continentale. Ce processus permet le recyclage des plaques tectoniques océanique au fil du temps. © Christoph Burgstedt, Fotolia
    Au niveau d’une zone de subduction, une plaque océanique plonge sous une autre plaque, ici continentale. Ce processus permet le recyclage des plaques tectoniques océanique au fil du temps. © Christoph Burgstedt, Fotolia

    Des reliques d’anciennes plaques tectoniques

    De ces dernières, il ne reste donc plus aucune trace. Enfin presque. Quelques fragments de croûtecroûte retrouvés par-ci par-là dans des chaînes de montagnes permettent en effet de reconstruire cette histoire ancienne de la Terre et de retracer l'évolution de sa surface. Ces ainsi que des reliques d'une ancienne plaque ont été découvertes dans la partie ouest de l'océan Pacifique, au niveau des îles Philippines et de Bornéo. Aujourd'hui, cette région du Globe est l'une des plus complexes d'un point de vue tectonique, car elle se situe à l'interface entre plusieurs plaques tectoniques.

    Une ancienne plaque nommée Pontus aujourd’hui disparue

    En se basant sur des données géologiques prélevées sur Bornéo et des analyses paléomagnétiques, des chercheurs ont pu reconstruire les mouvementsmouvements des plaques tectoniques. Ils ont en quelque sorte rembobiné le fil des mouvements des plaques tectoniques de nos jours jusqu'à 150 millions d'années dans le passé. Les cartes obtenues montrent ainsi la présence d'une grande plaque océanique nommée Pontus, qui séparait l'Indochine au nord des îles de Bornéo et des Philippines alors situées bien plus au sud qu'actuellement. Cernée de zones de subductionzones de subduction, la plaque Pontus aurait progressivement disparu, avalée dans le manteau lors de la remontée des plaques de Bornéo, des Philippines et de l'Australie.

    Situation tectonique à l'actuel (0 Ma) et reconstruction de la région pour différentes périodes. La plaque Pontus apparaît en rouge. © van de Lagemaat et van Hinsbergen, 2023, <em>Gondwana Research</em>
    Situation tectonique à l'actuel (0 Ma) et reconstruction de la région pour différentes périodes. La plaque Pontus apparaît en rouge. © van de Lagemaat et van Hinsbergen, 2023, Gondwana Research

    Cette nouvelle étude publiée dans la revue Gondwana Research supporte de précédents résultats obtenus indépendamment.