Planète

Assèchement des rivières, des conséquences désastreuses

ActualitéClassé sous :Terre , assèchement des rivières , biodiversité

Le réseau hydrographique français possède une très grande densité. L'ensemble des cours d'eau représente une longueur totale de 270 000 km, soit le réseau le plus important d'Europe. Si ces gisements sont renouvelables, ils n'en sont pas pour autant inépuisables. Or, en France, 38% de l'eau potable est puisée dans les eaux de surface : lacs et rivières. Chaque année des rivières sont régulièrement asséchées et des dizaines de milliers de poissons meurent, dans l'indifférence de l'opinion publique et des représentants de l'Etat. Ainsi, au 18 août, 32 départements étaient dans une situation préoccupante ou délicate sur le plan des assecs.

Assèchement des rivières, des conséquences désastreuses

Composés d'un lit irrégulier et de berges boisées, les cours d'eau sont riches en espèces animales et végétales. Leur biodiversité est essentielle pour l'avenir des sociétés humaines et permet d'assurer de nombreuses fonctions. Grâce aux phénomènes de filtration et d'oxydation, combinés à l'action des organismes (bactéries, insectes, plantes...) vivant dans le milieu aquatique et sur les berges, la rivière assure le maintien de la qualité de son eau et préserve l'équilibre de son écosystème. Elle possède également des fonctions naturelles (habitat pour la faune et la flore, régulation naturelle des étiages, des crues...) et est indispensable pour de nombreuses activités humaines (alimentation en eau potable, énergie, agriculture, industrie, pêche, sports nautiques,...). Mais pour cela, les rivières ont impérativement besoin de conserver des débits suffisants.

Or, malgré la sécheresse, certaines catégories d'usagers continuent de s'approprier les rivières en les asséchant ou en les polluant. En région Poitou-Charentes, ce sont 2 000 km de rivières qui sont asséchées au profit de l'irrigation. Malgré l'agonie des cours d'eau, des dérogations sont même accordées aux agriculteurs au détriment de l'alimentation en eau potable des populations ! En Charente-Maritime, le linéaire de rivières asséchées a ainsi augmenté de 60 % en juillet. Dans nombre de régions, il faut y ajouter, les conséquences d'une pollution diffuse (phosphore et azote) qui provoquent l'asphyxie des rivières (eutrophisation, cyanobactéries...). De nombreuses micro-centrales hydroélectriques ne respectent pas les débits minimaux légaux et la libre circulation piscicole. Enfin, la création et la gestion anarchique des plans d'eau aggravent ces phénomènes. Les effets de la sécheresse sur la ressource en eau accentuent ces désordres et sont maintenant perceptibles sur l'ensemble du territoire. Tel est aujourd'hui, le triste constat des relations qui prévalent entre les Français et leurs rivières.

En conséquence, le « collectif associatif pour une nouvelle loi sur l'eau responsable » demande au gouvernement et aux citoyens de se mobiliser pour préserver les rivières :

- en mettant en place une gestion de l'eau qui respecte, protége et économise les ressources en eau ;
- en faisant respecter le bon état physico-chimique et biologique des cours d'eau ;
- en conservant dans le projet de loi sur l'eau l'obligation de débit minimal pour les barrages ;
- en poursuivant les actions de préservation en cours (liste de cours d'eau classés, maintien de la continuité écologique).

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi