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Le navire L'Europe, de l'Ifremer, va ausculter la Méditerranée

ActualitéClassé sous :océanographie , développement durable , Directive-Cadre sur l’Eau

L'Europe, un navire océanographique affrété par l'Ifremer et l'AERMC (Agence de l'eau Rhône-Méditerranée et Corse), vient de prendre la mer pour la campagne DCE 3. Les scientifiques à bord vont mettre en place des dispositifs, notamment des poches de moules, pour étudier la qualité des eaux côtières sur tout le littoral méditerranéen, Corse comprise. Futura-Sciences a accompagné le départ du navire.

L'Ifremer et l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée et Corse ont conclu une convention cadre en février 2012 pour renforcer la recherche sur les écosystèmes marins et le suivi des pollutions en Méditerranée. © Ifremer/AERMC

La directive-cadre sur l'eau (ou DCE) a été votée à l'échelle européenne en octobre 2000, mais de quoi s'agit-il ? Cette directive vise à homogénéiser la politique communautaire concernant l'eau. Elle fixe notamment des objectifs à atteindre sur la gestion, la préservation et la restauration de la qualité de masses d'eaux superficielles et souterraines. Les environnements côtiers du littoral français sont donc concernés. Toutes les démarches, entreprises ou à venir, doivent permettre d'atteindre un bon état écologique des milieux en 2015, tout en autorisant une exploitation durable de la mer par les divers secteurs économiques qui en dépendent. 

Le défi est de taille : 70 millions d'habitants vivent sur le littoral européen ! Cette population exerce un certain nombre de pressions sur les environnements marins, notamment par la surpêche, le tourisme ou l'urbanisation intensive des côtes. La mise en place de la DCE prévoyait une réalisation d'un état des lieux des milieux aquatiques en 2004, puis la mise en place d'un programme de suivi à partir de 2006.

Une nouvelle campagne de surveillance de la qualité des eaux côtières méditerranéennes, nommée DCE 3, a commencé ce 28 mars 2012 lors de l'appareillage du navire L'Europe depuis le centre Ifremer Méditerranée de La Seyne-sur-Mer. Un événement qu'a suivi Futura-Sciences. Cette mission est menée par les laboratoires Environnement ressources Provence-Azur-Corse et Languedoc-Roussillon, en collaboration avec l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée et Corse (AERMC) et sous la direction scientifique de Bruno Andral. Elle s'achèvera le 20 avril 2012. 

L'Europe est un navire côtier de 29,60 mètres de long. Il peut embarquer 8 membres d'équipage et 8 scientifiques. Basé à Sète, il travaille principalement sur la façade méditerranéenne. Le Pourquoi Pas ? est également visible à l’arrière plan. Ce navire océanographique hauturier de 107,60 mètres était en escale dans la rade de Toulon lors du départ de L’Europe pour la campagne DCE 3. © Quentin Mauguit, Futura-Sciences

Une contamination chimique passée au crible

Les niveaux de contaminations chimiques vont être étudiés grâce à la pose d'une centaine de stations d'échantillonnages entre Menton et Banyuls, et sur tout le pourtour de la Corse. Elles se composent d'une cage contenant des moules et d'un échantillonneur passif. Les mollusques se nourrissent en filtrant leur environnement. Ils peuvent ainsi bioaccumuler des polluants tels que des PCB ou des hydrocarbures aromatiques polycycliques (PAH). Le second dispositif est utilisé pour capter puis concentrer passivement des groupes de molécules non capturés par les bivalves (des composés pharmaceutiques, par exemple).

Des indicateurs biologiques vont également être déterminés grâce à trois types d'analyses :

  • une caractérisation de l'état de santé de plusieurs herbiers de posidonie, une plante vivant entre 5 et 40 mètres de profondeurs, par des plongeurs ;
  • des échantillonnages de phytoplancton grâce à des filets spécifiques traînés derrière le navire (la diversité et l'abondance des espèces fournissent de précieuses informations) ;
  • des prélèvements de sédiments (études d'écotoxicité, de contamination chimique et de la diversité des espèces abritées).
Positions relatives de toutes les stations d'échantillonnages qui devraient être déposées à partir du navire L'Europe lors de la campagne DCE 3, entre le 28 mars et le 20 avril 2012. © Ifremer/AERMC

Tous les résultats viendront compléter les connaissances acquises durant les campagnes menées en 2006, en 2009 et lors de la réalisation de l'état des lieux. Ils permettront ainsi de caractériser l'évolution de la qualité de nos eaux. Contrairement à une opinion répandue, l'état des eaux de la Méditerranée est plus qu'acceptable !

Suivez-nous ces prochains jours, nous reviendrons plus en profondeur sur de nombreux points abordés dans cet article, notamment les méthodes employées et l'état de santé de la Grande Bleue.

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