Les grands prédateurs comme les requins ont plus de mal à s'adapter au réchauffement climatique que les petites espèces. © Stephan, Adobe Stock
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Les grands prédateurs marins ont du mal à s’adapter au réchauffement climatique

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[EN VIDÉO] L’inquiétant réchauffement des océans  En 2020, les océans ont absorbé l’équivalent de 20 sextillions de joules. Jamais depuis 1955 la température de l'océan n’a été aussi élevée. 

Les grands prédateurs marins font partie des espèces marines qui ont le plus de mal à s'adapter au réchauffement des océans, car le climat évolue plus vite que leur capacité à se relocaliser dans un nouvel environnement.

L'année 2021 a été marquée par un record de chaleur océanique au niveau global et de nombreux épisodes de « canicules » sous-marines. Selon une étude de l'Université Rutgers, publiée dans le journal Proceedings of the Royal Society, le réchauffement climatique entraînera une diminution de la quantité de poissons dans les océans et modifiera les interactions entre les grands prédateurs marins et les proies.

Les plus grandes espèces vont devoir changer de zone d'habitat pour pouvoir continuer à se nourrir, tout comme les grandes pêcheries du monde. Une menace aggravée par la surpêche, qui sera inévitable partout sur Terre ces prochaines années : comme il n'y aura plus autant de poissons, mais de plus en plus d'humains, le problème de la surpêche sera généralisé. Les populations de poissons et de crustacés n'arriveront plus à se renouveler aussi rapidement car le réchauffement, couplé au besoin croissant de nourriture, va anéantir une grande partie de la population marine selon les chercheurs.

Les grands prédateurs « à la traîne » par rapport au réchauffement climatique

L'étude s'intéresse aux relations trophiques de la vie marine : il s'agit des chaînes alimentaires reliées entre elles au sein d'un écosystème, dans ce cas, le milieu marin. Les chercheurs ont tenté de comprendre comment le besoin fondamental de nourriture affecte les mouvements des espèces. Ils ont développé un « modèle de réseau trophique » qui comprend des paramètres tels que le métabolisme de centaines d'animaux marins, leur taille et croissance, et les plages de température optimales nécessaires à chaque espèce.

Un exemple de réseau trophique dans le milieu marin.

En tenant compte du changement climatique, leur modèle a révélé que c'est la relation proie-prédateur qui complique la capacité des espèces à réagir rapidement à la hausse des températures. Ils ont également constaté que les prédateurs de plus grande taille restaient plus longtemps dans leurs habitats historiques, malgré le réchauffement, que les petites espèces.

Alors que la disparition des coraux en raison du réchauffement est bien connue des scientifiques et du grand public, le sort des grands prédateurs, parfois mal-aimés, est moins médiatisé. Les requins, entre autres, seront forcément amenés à migrer pour continuer à se nourrir. Mais, selon l'Université Rutgers, ils seront aussi ceux qui auront le plus de mal à s'adapter, car le climat évolue plus vite que leur capacité à se relocaliser dans un nouvel environnement, contrairement aux petites espèces de poissons.

Les modèles utilisés pour déterminer leurs migrations montrent que les espèces marines devront continuellement se reloger d'un lieu à l'autre, en direction des pôles, au cours des 200 prochaines années. Et même après 200 ans, les grands prédateurs seront toujours à la traîne par rapport à la rapidité des changements de température, en particulier ceux qui se trouvent au sommet de la chaîne alimentaire.

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