Des chercheurs de l’université de technologie de Sydney (Australie) ont identifié un microbe marin qui pourrait nous aider à séquestrer du CO2 dans le fond des océans pour ralentir le réchauffement climatique. © Francesco Scatena, Adobe Stock
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Ce prédateur microscopique raffole du CO2

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Au large de Sydney vit un drôle de microbe marin unicellulaire. Il pourrait nous aider à lutter contre le réchauffement climatique, en piégeant du carbone au fond de l'océan.

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Il est constitué, en tout et pour tout, d'une seule et unique cellule. On pourrait le trouver dans les océans du monde entier. C'est le Prorocentrum cf. balticum. Et des chercheurs de l’université de technologie de Sydney (Australie) nous apprennent aujourd'hui que ce microbe marin qu'ils viennent d'isoler au large de l'Australie pourrait bien nous aider à lutter contre le réchauffement climatique. Grâce à son appétit féroce pour... le CO2.

Les chercheurs expliquent qu'après avoir effectué la photosynthèse, ce microbe libère un exopolymère riche en carbone et qui forme autour de lui, une « mucosphère ». Celle-ci attire et immobilise les autres microbes. Prorocentrum cf. balticum dévore ensuite une partie des proies ainsi piégées avant d'abandonner sa « mucosphère » d'exopolymère. Lourde des résidus de microbes, cette dernière coule, piégeant ainsi sa part de carbone au fond de l’océan.

Schématisé ici, le processus par lequel Prorocentrum cf. balticum participe à la séquestration de carbone dans les océans. © Michaela Larsson et al., Université de technologie de Sydney

Vers une culture à grande échelle ?

Selon les chercheurs, ce microbe aurait le potentiel de faire ainsi couler entre 0,02 et 0,15 gigatonne de carbone par an. C'est loin des 10 gigatonnes de CO2 qu'il faudrait éliminer de notre atmosphère chaque année jusqu'en 2050 pour atteindre nos objectifs climatiques. Mais la découverte montre que le potentiel de l'océan à capturer naturellement du CO2 - et à continuer de le faire à l'avenir - est probablement plus important que ne le pensaient les scientifiques jusque-là.

D'autant que les situations de déficience en nutriments qui encourage la production naturelle de « mucosphères » par ces microbes marins pourraient s'étendre dans le contexte de réchauffement climatique. Les chercheurs espèrent maintenant déterminer la proportion de production d'exopolymères riches en carbone résistant à la dégradation bactérienne et à déterminer la vitesse de descente des « mucosphères » rejetées. Avant, peut-être d'envisager une culture à grande échelle destinée à doper la capture de CO2 par l'océan.

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