Voisins des seiches et des calmars, des céphalopodes qui ont dix bras, les octopodes en ont huit. Ces as du camouflage, capables de se faufiler dans les fonds rocheux, sont remarquablement intelligents. © Morten Brekkevold, Flickr, cc by nc sa 2.0

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En bref : les octopodes survivent grâce à leur sang bleu !

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Dotés d'une intelligence remarquable, les octopodes, autrement dit les pieuvres, se sont installés en Antarctique comme dans les eaux équatoriales, en passant par les régions tempérées. Comment ont-ils pu s'adapter à des températures si différentes ? La clé du mystère réside dans leur sang bleu.

L'octopode ne nage pas, il rampe. Les espèces sont donc bien souvent locales, incapables de migrer très loin. Comme elles ne peuvent pas fuir si les conditions environnementales sont mauvaises, elles sont exposées à une pression adaptative intense. Et pourtant, les pieuvres se trouvent autant dans les eaux tropicales que les eaux polaires.

 

Les octopodes disposent d’une technique de camouflage qui défie toute concurrence ! © HuckleberryFlan, YouTube

Ces mollusques à huit tentacules épatent par leurs facultés d'adaptation et leur intelligence. Un poulpe est capable d'ouvrir un bocal dans lequel baigne un crabe. Par ailleurs, sa technique de camouflage est l'une des meilleures. Une équipe de recherche de l'Alfred Wegener Institute for Polar and Marine Research a récemment mis en évidence une autre adaptation physiologique des octopodes. Ils sont capables de survivre tant dans des eaux à -1,8 °C qu'à 30 °C. Les résultats de l'étude ont été dévoilés durant le rassemblement du Society for Experimental Biology, qui se tenait à Valence (Espagne), du 3 au 6 juillet 2013.

L'équipe allemande a montré que c'est grâce à leur sang bleu que les octopodes peuvent survivre dans les eaux aux températures extrêmes. Une grosse protéine, l'hémocyanine, transporte l'oxygène chez de nombreux mollusques et arthropodes. C'est un pigment bleu, qui donne la couleur vert-bleu du sang de l'animal. L'équipe a comparé les formes d'hémocyanine chez les Pareledone charcoti qui vivent en Antarctique à celles de certaines espèces de milieux tropicaux. Les chercheurs ont découvert que cette espèce d'eau froide possède une hémocyanine très différente de celle de ses cousines tropicales.

Dans un milieu très froid, cette molécule présente une bien meilleure efficacité pour libérer l'oxygène dans les tissus. Une modification génétique assez légère a donc permis une adaptation aux faibles températures. Et les pieuvres ont pu ainsi aller s'installer enAntarctique...

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