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Des ballons stratosphériques pour surprendre les ouragans...

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Le 28 août dernier, le premier ballon d'une série de huit a décollé de la ville de Zinder, au Niger. Conçu par le CNES et équipé d'instruments développés par le National Center for Atmospheric Research (NCAR), il a pour mission de prendre place dans la stratosphère et d'étudier la formation des ouragans.

Le CNES et le NCAR se sont associés pour concevoir des ballons stratosphériques qui surveilleront les ondes d'est et verront - peut-être - naître des ouragans (Crédits : University Corporation for Atmospheric Research, Photo de Joseph VanAndel)

La collaboration entre les chercheurs français et américains, qui s'est concrétisée le 28 août dernier par l'envoi d'un premier ballon, part d'un constat simple : l'extrémité est de l'océan Atlantique demeure hors de portée des avions américains spécialisés dans l'étude des ouragans, les célèbres chasseurs de cyclones, et les prévisionnistes manquent d'informations au sujet des conditions météorologiques propices à la formation des ouragans.

C'est pourquoi le CNES et le NCAR se sont associés pour concevoir des ballons dérivant dans la stratosphère. Chacun d'entre eux compte une nacelle pourvue de 35 instruments scientifiques. Une fois lancés, les ballons seront poussés par les vents d'est de l'Afrique vers les Caraïbes, à une altitude moyenne de 20 kilomètres. Deux fois par jour, les nacelles lâcheront des sondes qui descendront en parachute dans l'atmosphère. Au cours de leur descente, qui durera environ vingt minutes, elles transmettront par radio les résultats de leurs mesures. Le centre des opérations, basé à Paris, se chargera ensuite de rassembler et de mettre en regard les données.

Le site du Niger a été choisi dans le but d'étudier le phénomène météorologique baptisé onde d'est, qui sert de semence à certains ouragans. Des douzaines de ces ondes d'est se meuvent à travers l'Afrique, avant de rejoindre l'Atlantique. Certaines d'entre elles donnent naissance à des tempêtes tropicales ou des ouragans, qui s'abattent ensuite sur les côtes américaines ou sur le golfe du Mexique. « Les ballons dériveront à une vitesse proche de celle des ondes d'est, et pourront les surveiller tout au long de leur trajet », explique David Parsons, du NCAR. Les dates de lancements des huit ballons, quant à elles, ont été programmées aux mois d'août et septembre pour coïncider avec la période la plus propice à la formation des ouragans.

La conception des ballons était un véritable défi pour les ingénieurs et les machinistes français et américains. En effet, ces "driftsondes" doivent pouvoir endurer le froid extrême de la stratosphère (environ - 62 degrés Celsius), la faible pression, ainsi que le rayonnement intense qui traverse cette fine couche de l'atmosphère. Figuraient également dans le cahier des charges un faible coût de fabrication et de modestes besoins en énergie.

Sept ballons seront déployés au mois de septembre, mais d'autres pourraient bientôt s'envoler à leur tour au-dessus de l'Antarctique et du Pacifique ouest. En effet, selon Philippe Cocquerez du CNES, ces projets seraient d'ores et déjà à l'étude.

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