Ce paresseux est bien mignon. Mais les paresseux géants du Pléistocène étaient bien plus impressionnants. © damedias, Fotolia

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L'Homme chassait le paresseux géant

ActualitéClassé sous :géologie , paresseux géant , préhistoire

Des traces de pas fossiles d'un paresseux et d'humains datant de 10.000 à 15.000 ans ont été mises au jour dans le Nouveau-Mexique (États-Unis) et semblent témoigner d'une scène de chasse. Cette découverte indique que l'Homme a pu jouer un rôle dans la disparition de cet animal à la fin du Pléistocène, en Amérique du Nord.

La scène s'est déroulée au bord d'un lac à la fin du Pléistocène, au Monument national des White Sands, dans le Nouveau-Mexique (États-Unis). L'accès limité à ce site a permis de conserver des pistes intactes. Des chercheurs de l'université de Bournemouth, à Poole (Royaume-Uni), se sont intéressés aux traces de pas laissées par un paresseux géant et des humains. Leurs résultats sont présentés dans Science Advances.

Le site comprend une centaine de marques d'un paresseux et d'humains. Les traces du paresseux mesurent entre 3 et 5 cm de profondeur, 30 à 56 cm de longueur et 10 à 35 cm de largeur. Le paresseux géant était un animal poilu et lourd. Il se promenait quand il a été surpris par quelque chose.

Plus d'une dizaine de marques de pas humaines se superposent sur les marques du paresseux. Parfois, les marques humaines se trouvent à l'intérieur des pas du paresseux : l'individu devait marcher de manière intentionnelle dans les pas de l'animal et le poursuivre. Vu la taille de l'animal, le « poursuiveur » a dû allonger sa foulée pour placer ses pieds dans les traces de pas de paresseux : sur cette piste, les traces de pieds sont séparées de 80 à 110 cm alors que normalement une foulée humaine ne devrait mesurer que 60 cm environ.

Représentation artistique de la scène entre un paresseux et des chasseurs. © Bournemouth University

Les traces de pas du paresseux témoignent d'un comportement défensif

La piste du paresseux montre un comportement d'évasion et de défense quand elle est associée aux marques humaines. Des traces suggèrent que les humains traquaient le paresseux et venaient le provoquer : la piste devient plus tortueuse en présence des traces humaines. Parfois, un pas du paresseux fait un virage ou indique que l'animal s'est dressé sur ses pattes arrière. Ce geste devait permettre de libérer les pattes avant, avec leurs griffes, pour se défendre. C'est ainsi que l'animal aurait pu faire des marques plus circulaires.

Les traces de pas animales et humaines ont été faites au même moment. Il apparaît plausible qu'elles montrent des chasseurs en action. L'absence de carcasse n'est pas surprenante aux yeux des auteurs : la plupart des chasses étaient infructueuses et tuer un animal de cette taille ne devait pas être évident !

Cette découverte confirmerait l'idée selon laquelle les Hommes ont joué un rôle dans l'extinction de mammifères géants comme les mammouths, les mastodontes ou les paresseux géants. À une époque de changement climatique, la prédation a pu contribuer à l'extinction du paresseux géant en Amérique du Nord. La maladie est un autre facteur qui a pu aussi intervenir.

Cependant, d'après Sciencemag, tous les scientifiques ne sont pas convaincus que ces pistes découvertes dans le Nouveau-Mexique témoignent d'une scène de chasse. Elles montrent surtout que les paresseux et les humains fréquentaient les mêmes lieux au même moment.

  • Des traces de pas d'un paresseux géant et d’humains ont été trouvées dans le Nouveau-Mexique.
  • Parfois, l’humain mettait ses pieds dans les pas du paresseux.
  • Le paresseux semble avoir voulu se défendre, témoignant d’une scène de chasse.
  • L’Homme a pu jouer un rôle dans la disparition d’animaux de la mégafaune au Pléistocène.
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