Représentation d'un humain du Néolithique en taille réelle. © Juan Anion, Adobe Stock
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La trisomie 21 identifiée chez un enfant du Néolithique

ActualitéClassé sous :Fossile , anthropologie , trisomie 21

L'analyse des restes humains datant du Néolithique en Irlande révèle le cas le plus ancien du syndrome de Down documenté à ce jour. Mais elle donne aussi un aperçu des relations sociales des premiers agriculteurs de l'histoire.

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[EN VIDÉO] Les experts du passé : les îles bretonnes étaient-elles occupées au Néolithique ?  Les îles bretonnes, comme celles de Béniguet ou de Molène, peuvent nous sembler relativement proches des côtes mais on ignore si elles étaient habitées de façon sédentaire au Néolithique. Dans ce nouvel épisode des Experts du passé, l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) va tenter de percer ce mystère. 

L'agriculture en Irlande a fait ses débuts au Néolithique, environ 4.000 ans avant Jésus-Christ. À l'époque, on estime que 3.000 à 10.000 personnes vivent sur l'île, regroupées en petites communautés. Conjointement, le long de l'Atlantique, des tombes mégalithiques d'un nouveau genre ont fait leur apparition. Appelés « passage tombs » en anglais, ces sites funéraires enterrés sous terre ou sous la roche se composent d'une seule ou plusieurs tombes situées dans des salles funéraires richement décorées. Un long couloir étroit permet d'y accéder. C'est en Irlande que l'on retrouve le plus grand nombre de ces tombes sophistiquées.

La société de cette époque échappe encore à la compréhension mais l'analyse des restes humains reposant dans ces tombes constitue un éclairage sur les premiers agriculteurs et les liens sociaux qui les unissaient. Pour essayer de comprendre, des chercheurs irlandais ont analysé le génome de 44 individus dont les restes ont été exhumés de plusieurs tombes complexes à travers toute l'île d'Irlande.

Le génome de deux individus est particulièrement remarquable : celui d'un homme et surtout celui d'un jeune garçon atteint de trisomie 21. C'est le cas le plus ancien jamais décrit de cette maladie génétique.

Le Dolmen de Poulnabrone en Irlande où les restes de l'enfant atteint du syndrome de Down ont été découverts. © Holly Grogan, Adobe Stock

Le plus ancien cas de trisomie 21

Le Dolmen de Poulnabrone est situé à l'ouest de l'Irlande, le long de la côte Atlantique. Sous les pierres, se cache une chambre funéraire de laquelle les restes d'un nourrisson de six mois, de sexe masculin, ont été exhumés. Leur analyse génétique a mis en évidence la présence d'un chromosome 21 surnuméraire caractéristique de la trisomie 21 ou syndrome de Down.

« Un des individus, un petit garçon, possédait trois copies du chromosome 21. Donc, il aurait eu le syndrome de Down. C'était un aperçu émouvant et inattendu de quelqu'un avec un handicap dans un passé très très lointain », explique Lara Cassidy, première auteure de l'étude, sur les ondes de RTÉ Radio. Son crâne a la forme et la taille caractéristiques des patients atteints de trisomie 21.

Le tumulus de Newgrange, un des sites archéologiques les plus connus d'Irlande. © MN Studio, Adobe Stock

L'inceste au Néolithique

Cette découverte n'est pas la seule à offrir un aperçu du passé de l'île d'Irlande. Les restes d'un homme, appelé PN10, ont été retrouvés dans une salle funéraire en forme de croix, avec de nombreux objets ornementaux, sous le tumulus de Newgrange. 

Dans son génome, les scientifiques ont découvert plusieurs longues séquences d'homozygotie. En d'autres termes, cet homme est issu d'une relation consanguine de premier degré entre un frère ou une sœur, ou un parent et son enfant, impossible de trancher.

D'autres restes découverts des tombes éloignées de celle de Newgrange ont un lien de parenté avec PN10. Selon les chercheurs, une élite sociale, peut-être à l'origine des tombes sophistiquées, qui pratiquait l'inceste pour des raisons politiques, aurait pu exister au Néolithique. Les autres génomes analysés ne montrent pas de traces d'inceste comme PN10, mais les séquences d'homozygotie sont plus nombreuses chez les Irlandais que chez les Britanniques de la même époque. 

Selon les chercheurs, la mer d'Irlande constituait un véritable obstacle pour les communautés de l'île d'Irlande et les vagues de colonisation en provenance des îles britanniques ont permis l'essor de l'agriculture sur l'île et une plus grande diversité génétique.

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