La tour Eiffel sera éteinte, mais durant cinq minutes seulement pour des raisons de sécurité. © AFP Photo Bertrand Langlois

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Opération « Une heure pour la planète » : éteignons nos lumières

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170 pays participent à l'édition 2015 de l'opération Earth Hour, « Une heure pour la planète » en français, pour rappeler l'importance d'actions de lutte contre le réchauffement climatique. 1.200 monuments s'éteindront et les organisateurs espèrent des millions de participants, qui éteindront leurs propres éclairages. En 2014, neuf millions de personnes avaient joué le jeu.

Samedi soir, à 20 h 30 locales, les plus grands monuments s'éteindront tour à tour, et les citoyens, collectivités, entreprises et gouvernements seront eux aussi invités, pour la neuvième année, à éteindre leurs lumières durant une heure. Pour le Fonds mondial pour la nature (WWF), organisateur de cette campagne, l'idée n'est pas d'économiser de l'électricité pendant une heure mais bien de rappeler le coût pour la planète de l'énergie consommée chaque jour. L'événement est aussi l'occasion de réclamer des engagements internationaux forts pour freiner le réchauffement du climat« Utiliser votre énergie pour changer le changement climatique », tel est le mot d'ordre.

« Plus de 170 pays et territoires ont déjà confirmé leur participation », a indiqué à l'AFP Sudhansu Sarronwala, le responsable de Earth Hour, précisant que 1.200 monuments seront concernés. Du pont de Sydney au Christ du Corcovado de Rio, de la Sagrada Familia de Barcelone à Times Square à New York, de Big Ben à la cathédrale de Cologne ou l'Acropole, tous devraient ainsi au minimum tamiser leur éclairage. À Paris, qui accueillera en décembre la conférence mondiale sur le climat (COP 21/CMP 11), la tour Eiffel sera éteinte, pendant cinq minutes seulement pour des raisons de sécurité, en présence des responsables du WWF. Le site EarthHour.Paris offre même aux internautes la possibilité d'éteindre des tours Eiffel virtuelles.

Une image créée l’an dernier par Jean-Baptiste Feldmann, astrophotographe et créateur du blog Cielmania. © Jean-Baptiste Feldmann

Un moyen de dire l'importance de la réussite de COP21 à Paris

« Les regards sont tournés vers la France, qui accueillera la conférence sur le climat et ses 40.000 délégués afin de trouver une suite au protocole de Kyoto, assure Philippe Germa, directeur général du WWF France. À travers Earth Hour, nous voulons lancer la mobilisation de nos concitoyens pour que cette conférence soit une réussite ». La communauté internationale s'est donné pour ambition d'aboutir en décembre au tout premier accord universel visant à limiter à 2 °C la hausse du thermomètre mondial par rapport à l'ère pré-industrielle (sachant qu'une augmentation de +0,8 °C est déjà actée). Earth Hour se tiendra d'ailleurs à quelques jours du délai que les pays se sont fixé, « pour ceux qui le peuvent », pour remettre individuellement leurs projets nationaux de réduction de gaz à effet de serre.

Depuis sa première édition en 2007, alors seulement organisée à Sydney, Earth Hour a chaque année pris un peu plus d'ampleur : 35 pays participants en 2008, 162 pays et neuf millions d'individus lors de l'opération Earth Hour 2014, selon WWF. Cette manifestation symbolique et festive prévoit des événements partout dans le monde : « le plus grand dîner aux chandelles » en Finlande, au pied de la tour Eiffel une piste de danse alimentée en énergie par les danseurs... Les particuliers sont aussi appelés à éteindre leurs lumières, et à le faire savoir sur les réseaux sociaux. Selon Sarah Olexsak, auteur d'une étude sur l'impact d'Earth Hour, sur 10 pays suivis au cours de six années, l'opération a fait chuter la consommation électrique de 4 % au cours de cette heure. « Il faut un premier pas pour changer les comportements, a-t-elle dit à l'AFP. En participant à Earth Hour, les gens montrent une volonté d'économiser l'énergie, qu'ils peuvent ensuite garder. »

Au-delà de cette journée, Earth Hour mobilise à l'année. Le WWF France porte ainsi un projet de reforestation et de défense de la rivière Dumbéa en Nouvelle-Calédonie via Earth Hour Blue, plateforme de financement participatif. Pour le Britannique Mike Berners-Lee, consultant spécialiste des émissions de gaz à effet de serre, Earth Hour est un moyen de dire « que nous nous soucions vraiment du succès des négociations de Paris »« Éteindre nos lumières pendant une heure ne permettra pas d'économiser beaucoup de CO2. Mais ce qui compte est d'envoyer le message. Plus nous poussons, et plus il y a de monde pour le faire, plus les chances seront grandes d'un accord le meilleur possible. »

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