D'après des chercheurs, l'humain présente des traces génomiques de domestication. © Vectorpouch, Adobe Stock

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L'ancêtre de l'humain se serait domestiqué lui-même

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Le chien ne serait pas la première espèce domestiquée par l'humain. En effet, des chercheurs auraient trouvé des preuves génétiques de la domestication de l'humain par... lui-même. Pour cela, ils se sont appuyés sur l'étude d'un gène impliqué dans le syndrome de Williams : BAZ1B. Que se cache-t-il derrière cet acronyme barbare ?

Il était une fois, dans une époque fort lointaine, l'ancêtre de l'humain. Celui-ci formait des sociétés coopératives, dans lesquelles les personnes avec un comportement plus amical étaient favorisées. Petit à petit, la sélection naturelle a permis d'éliminer les individus les plus agressifs. Et puisque les ancêtres de l'humanité vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants, les gènes de l'agressivité devinrent plus rares, et furent remplacés par les gènes d'un comportement plus sympathique. 

Cette histoire est l'hypothèse de Richard Wrangham, anthropologue à l'université d'Harvard, afin d'expliquer les résultats d'une étude parue dans Science Advances. Celle-ci stipule que l'humain présente des traces génétiques d'une autodomestication. Il s'agit de la première preuve expérimentale d'une domestication de l'humain par lui-même.

Des cellules souches impliquées dans la domestication de l'humain

Lorsqu'une espèce est apprivoisée par l'humain, des changements physiques et comportementaux sont observés. Par exemple, les chiens ont un crâne et des dents plus petits que leurs comparses sauvages. Or, l'humain montre également des changements physiques comparé à ses ancêtres. Jusqu'ici, rien de surprenant, cela pourrait simplement être l'évolution. Pourtant, il est étonnant que malgré un cerveau plus gros, l'humain possède un crâne plus petit. Il est aussi moins agressif et plus coopératif que ses ancêtres.

Chez le chien, ces modifications semblent liées à une diminution d'un certain type de cellules souches : les cellules souches de la crête neurale (CSCN). Chez l'humain, le gène BAZ1B joue un rôle crucial dans le mouvement des CSCN. De plus, certaines personnes ne possèdent qu'une seule copie de ce gène, alors que chaque gène est normalement présent en double. Ces individus souffrent du syndrome de Williams, qui est entre autres caractérisé par un crâne plus petit et un comportement plus amical. Coïncidence ? Les chercheurs ont voulu tirer cela au clair.

Le chien ne serait pas la première espèce domestiquée par l'humain. Il pourrait être détrôné par... l'humain lui-même. © Master1305, Adobe Stock

Des ressemblances génétiques avec les animaux domestiqués

Grâce à des cultures de cellules, ils ont pu découvrir que le niveau d'activité de BAZ1B affecte des centaines d'autres gènes. Ceux-ci sont impliqués dans le développement facial et crânien. Notamment, une activité réduite de BAZ1B conduit aux traits faciaux distinctifs du syndrome de Williams. Il semble donc que ce gène soit un gène régulateur du visage humain, et de surcroît d'une forme du visage humain qui s'approche des traits caractéristiques de la domestication.

Par ailleurs, en étudiant les gènes sensibles à BAZ1B chez Néandertal et Denisova, les chercheurs ont observé de nombreuses mutations régulatrices. Et bon nombre de ces gènes ont été régulés par la sélection chez les animaux domestiqués. Cela suggère que l'humain a bel et bien subi un processus de domestication, ainsi que la sélection génétique associée.

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