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L’usage croissant des pesticides en question pour dix jours

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Malgré les efforts entrepris et les objectifs fixés, la consommation de pesticides continue de croître en France. Ce bilan a été rappelé lors du lancement de la Semaine pour les alternatives aux pesticides qui débute ce 20 mars. Plus de 700 événements de sensibilisation sont organisés en France. L'agriculture est souvent pointée du doigt, mais avez-vous réfléchi au cas des cimetières ?

En 2009, environ 25.000 tonnes d'herbicides ont été utilisées en France, dont 90 % dans l'agriculture. © Buquet, shutterstock.com

La Semaine pour les alternatives aux pesticides, la huitième du genre, commence ce 20 mars. Cette manifestation, coordonnée par l'ONG Générations futures et soutenue par l'Union nationale de l'apiculture française ou encore l'Association des maires de France, veut inverser la tendance actuelle qui voit la quantité de pesticides épandus augmenter sans cesse. L'événement dure jusqu'au 30 mars.

L'utilisation de pesticides (herbicides, fongicides et insecticides) en France, premier pays consommateur en Europe, a augmenté de 2,5 % en 2011. Une hausse à contre-courant du plan Écophyto lancé en 2008, qui entend en diviser l'usage par deux d'ici 2018. « L'objectif est ambitieux, mais ce plan ne fonctionne pas », souligne le président de Générations futures, François Veillerette. « J'espère que ce sera la semaine qui marquera le passage des paroles aux actes », ajoute-t-il lors d'une présentation à Paris. Ateliers de jardinage, conférences, repas bio, etc. Plus de 700 événements sont programmés en France, mais aussi dans 15 autres pays, durant la période de reprise des épandages de pesticides.

À l'heure où les études se multiplient sur les maladies (respiratoires, troubles neurologiques, cancers, etc.) auxquelles sont exposés les agriculteurs et sur les impacts négatifs sur les abeilles, l'idée est de montrer qu'« on peut faire avec beaucoup moins de pesticides, voire plus du tout », insiste François Veillerette. Plus de 90 % des produits phytosanitaires sont utilisés dans l'agriculture, le reste se partageant entre les usages collectifs comme l'entretien des voies ferrées et des jardins de particuliers.

Les pesticides rassemblent les herbicides, les insecticides, les fongicides et les parasiticides. Leur usage pose de nombreuses questions sanitaires. © USDA, Wikimedia Commons, DP

Les pesticides rassemblent les herbicides, les insecticides, les fongicides et les parasiticides. Leur usage pose de nombreuses questions sanitaires. © USDA, Wikimedia Commons, DP

Faire passer la part du bio de 2 % à 20 %

Avec l'agriculture bio, « il y a plus d'un million d'hectares sans produits chimiques de synthèse [4,5 % des fermes françaises, NDLR», rappelle le délégué général de la Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB), Julien Adda. Mais le nombre de conversions des agriculteurs au bio (26.000 entre 2008 et 2011) « stagne », déplore-t-il, appelant le gouvernement à faire passer la part du bio de 2 % à 20 % dans les cantines pour créer un « appel d'air ».

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, qui veut impulser une mutation écologique du monde agricole, réfléchit notamment à une fiscalité incitative pour réduire l’usage des pesticides. Les villes se sont également mises au diapason avec, depuis des années, nombre de municipalités moyennes ou grandes qui ont adopté un objectif « zéro phyto ». Au désherbage, elles préfèrent par exemple le paillage au pied des arbres pour empêcher l'apparition des mauvaises herbes.

Les cimetières sont friands d’herbicides

À Paris, partenaire officiel de la Semaine, la quantité de pesticides achetés a diminué de plus de 90 % depuis 2001, sauf dans les cimetières, où 600 kg d'herbicides ont encore été déversés en 2012. « On a un problème avec les cimetières », reconnaît Fabienne Giboudeaux, l'adjointe au maire de Paris chargée des espaces verts« Il faudrait dix fois plus de personnes » pour désherber à la main entre les tombes, explique-t-elle à l'AFP. De plus, « laisser pousser l'herbe est souvent vu comme irrespectueux » de la mémoire des défunts.

Aussi, depuis deux ans, Paris tente de « changer le regard » sur le cimetière pour en finir avec le marbre, les gravillons et les pots de chrysanthèmes. « J'ai demandé de planter des prairies, avec des espèces indigènes, dans certaines parties des cimetières », explique Fabienne Giboudeaux. « On va y arriver, mais doucement. »

En attendant, l'ONG Agir pour l'environnement appelle le gouvernement à prendre un certain nombre de mesures : agriculture biologique obligatoire autour des captages d'eau potable, interdiction de la vente des pesticides aux particuliers ou encore instauration d'une norme limitant la présence des pesticides dans l'air.

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