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Le thon rouge sera – un tout petit peu – moins pêché

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12.900 tonnes en 2011 contre 13.500 en 2010 : les quotas de pêche au thon rouge pour la Méditerranée n'ont été que très légèrement réduits à la réunion internationale qui vient de se clore à Paris. Une décision qui ne satisfait pas grand-monde.

Les humains aiment beaucoup le thon rouge. © Licence Creative Commons-BY-SA 2.5

Les 48 pays pêcheurs de thon et négociant au sein de la CICTA (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique) se sont entendus à Paris pour laisser pratiquement inchangés les quotas de pêche au thon rouge en Méditerranée. Les négociations, conduites à huis-clos, ont réduit de 600 tonnes le quota de pêche, qui était de 13.500 tonnes en 2010, soit une baisse de moins de 5 %. Commentant ce chiffre, le Comité français national des pêcheurs s'est dit satisfait que « la raison l'ait emporté » et le ministre de l'Agriculture et de la pêche, Bruno Le Maire, s'est lui félicité de l'accord.

Les ONG, en revanche, sont furieuses, elles qui plaidaient pour une réduction à 6.000 tonnes, un chiffre avancé par les scientifiques de la CICTA et, durant quelque temps, par la commissaire européenne Maria Damanaki. Pour Greenpeace, qui ne fait pas dans la dentelle, le thon rouge est « dans le couloir de la mort » et le WWF parle d'un « nouvel échec diplomatique » de la France.

Les thons dans le rouge

Les thoniers français sortent en effet perdants de ces négociations plutôt opaques entre pays pêcheurs. Et, s'ils sont satisfaits du maintien des quotas, ils ne le sont pas du tout du sort qui leur est réservé : la réunion avait pour but, non seulement de définir un quota global, mais surtout de fixer la répartition entre les pays. Or, la France est punie. En 2007, ses pêcheurs ont dépassé leur quota... de 100 % (5.000 tonnes). Elle devra rembourser cette dette en diminuant ses prises de 1.510 tonnes en 2011 et 2012.

Les négociateurs français ont cherché en vain à étaler ce remboursement. Mais alors qu'ils soutenaient le quasi-maintien des quotas actuels, ils ont reçu en substance cette réponse « d'accord mais alors payez votre dette dans les temps ». Les thoniers français devront finalement se contenter de moins de 1.000 tonnes en 2011, c'est-à-dire la moitié du tonnage de 2010. Le WWF fait remarquer que ce doublement des prises en 2007 était le fait des grandes entreprises de pêche industrielle et pas des pêcheries artisanales.

Quant au Japon, premier acheteur de thon rouge (80 % des prises méditerranéennes prennent ce chemin), ses représentants ne sont pas satisfaits car ils avaient, eux, réclamé des contrôles plus efficaces pour enrayer la pêche illégale et le marché noir. La délégation des États-Unis n'est pas enthousiaste non plus : « Je ne peux pas dire que nous avons agi en conformité avec le principe de précaution comme je l'aurais souhaité », a déclaré à l'AFP son responsable, Russel Smith. Selon les ONG, la Turquie et l'Algérie, elles, ont émis des réserves sur la distribution des quotas.

Bref, l'accord final et le fonctionnement de ces tractations politiques au sein de la CICTA ne satisfont pas grand-monde. Même pas les thons...

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