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Le Pantanal, plus grande zone humide du monde, est menacé

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La plus grande zone humide du monde est en danger, d'après un récent rapport du WWF. Le Pantanal, en Amérique du Sud, est en effet victime des constructions humaines, de l'agriculture intensive et de la déforestation, perturbant le fleuve Paraguay qui irrigue la zone.

Le Pantanal, plus vaste zone humide du monde, est noyé quatre mois dans l'année. © world66, Wikipédia, cc by sa 1.0

Le Pantanal est le résultat des crues du fleuve Paraguay, qui se divise en de nombreux méandres et petits cours d'eau. À l'occasion de la Journée mondiale des zones humides qui a lieu tous les 2 février depuis 1997, le WWF a lancé un appel afin d'améliorer la protection de cet espace.

Car selon une étude réalisée par les membres brésiliens de l'ONG, seulement 11 % de la surface du bassin, qui s'étend sur 1,1 million de kilomètres carrés, bénéficient de quelques lois de protection, tandis que 5 % uniquement sont entièrement inclus dans des parcs, dont les règles sont plus strictes.

Déforestation à hauteur de 54 % en amont du fleuve Paraguay

Cet immense territoire se situe au sud de l'Amazonie, à cheval sur la Bolivie, le Paraguay et le Brésil. Le fleuve Paraguay, poumon de cette zone humide qu'il traverse du sud au nord, mesure environ 2.600 kilomètres. Il prend sa source dans le Mato Grosso et traverse le Pantanal qu'il inonde régulièrement, puis rejoint le fleuve Parana, en Argentine.

Le fleuve Paraguay irrigue la zone du Pantanal. © llosuna, Wikipédia, cc by 1.0

Et c'est justement en amont que la situation est la plus préoccupante. Le cerrado, une savane bordant la rive est du fleuve, au nord, est la parfaite illustration du manque de protection. Seulement 2 % de cette savane qui occupe le bassin du fleuve sont protégés. Elle a subi une déforestation record, atteignant 54 %, pour laisser la place à une agriculture intensive, et notamment de soja.

Avec l'élevage du bétail, la culture du soja est un des facteurs les plus nuisibles pour la zone qui est également victime des constructions humaines (ponts, barrages, routes, petites centrales hydroélectriques...), de l'industrie (mines, forages) et, donc, de la déforestation. Tous ces facteurs perturbent les cycles d'inondation du bassin, la qualité de l'eau, et d'autres paramètres encore.

Ressources en eau : 14 % avec un fort risque de dégradation

Ainsi, comme l'indique le rapport du WWF, 14 % des ressources en eau du bassin présentent un haut risque de détérioration. Environ 37 % sont exposés à un risque moyen et 49 % à un risque faible.

Le site du Pantanal est pourtant classé au patrimoine de l'Unesco, notamment pour sa biodiversité : environ 5.000 espèces de plantes et d'animaux occupent ce bassin. Sa valeur économique est également importante. L'ensemble de ses services écologiques est en effet estimé à 85 milliards d'euros par an selon une étude réalisée en 2008.

D'après le WWF, seule une action concertée des différents pays permettra de limiter les risques de dégradation du bassin du Paraguay et donc, du Pantanal. L'ONG préconise l'utilisation de techniques plus avancées autour de l'élevage du bétail ainsi que des études d'impact sérieuses avant l'implantation de petites centrales hydrauliques. Enfin, et bien sûr, l'extension des zones protégées est la première recommandation du WWF.

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