Planète

Mercure atmosphérique : la pollution revient au sol !

Des milliers de tonnes de mercure sont libérées dans l'atmosphère chaque année. Où va cet élément si toxique pour l'Homme ? Il serait transformé en une forme oxydée dans la partie supérieure de l'atmosphère. Après un retour au sol, le mercure transformé peut alors intégrer des écosystèmes aquatiques et s'accumuler le long de la chaîne alimentaire. Bref, il revient nous polluer la santé.

Le mercure est un métal liquide hautement toxique pour l'Homme et les organismes vivants. Il est présent dans l'atmosphère sous forme de fines gouttelettes qui peuvent être inhalées. © Valentino Tombesi, Flickr, CC by nc-nd 2.0

Le mercure est extrêmement toxique pour la santé humaine et pour tous les organismes vivants. Ce métal lourd provoque, entre autres, des maladies neurologiques, des perturbations rénales ou une diminution de la fertilité. Pourtant, il est largement utilisé dans l'industrie métallurgique et pour la production de chlore et d'électricité. Des milliers de tonnes de mercure sont ainsi libérées chaque année dans l'atmosphère. Inhalé, il se révèle tout aussi toxique que lorsqu'il est ingéré. Alors qu'advient-il de tout ce mercure ?

Seth N. Lyman et Daniel A. Jaffe, de l'université de Washington Bothell, fournissent des éléments de réponse dans un article paru dans Nature Geoscience. Ces chercheurs ont parcouru les ciels américain et européen dans un avion du National Center for Atmospheric Researchafin de mesurer les diverses formes de mercure présentes dans l'atmosphère : le mercure pur et le mercure oxydé. Les données ont été récoltées dans la troposphère, entre 6.000 et 7.000 mètres d'altitude, grâce à un appareil de mesure développé pour l'occasion. L'avion a eu la chance de passer dans des courants atmosphériques descendant de la stratosphère, recueillant des données sur cette zone plus élevée de l'atmosphère.

Le mercure pur se transforme en mercure oxydé dans la partie supérieure de l'atmosphère. Le haut de la troposphère et le bas de la stratosphère agiraient comme de véritables réacteurs chimiques favorisant la transformation du mercure pur (Hg) en sa forme oxydée (Hg2+). Les mesures montrent en effet une stratosphère pauvre en élément pur. À l'heure actuelle, les différentes étapes de cette transformation ne sont pas encore connues.

Plusieurs milliers de tonnes de mercure sont libérées dans l'atmosphère chaque année. L'incinération des déchets participe également à ce phénomène. © Swanksalot, Flickr, CC by-sa 2.0

L’Arctique, source de mercure oxydé

Le ciel de l'Arctique héberge la plus grande concentration de mercure oxydé. Les conditions climatiques observées au printemps et en été en seraient la cause, selon des chercheurs de l'université norvégienne de Science et de technologie. D'importantes quantités de mercure oxydé ont également été mesurées dans l'atmosphère au dessus de la mer morte. Aucune explication ne peut être fournie à l'heure actuelle pour justifier ces résultats.

La pluie ou les mouvements des masses d'air favorisent un retour du mercure oxydé vers le sol, notamment vers les écosystèmes aquatiques.  Une fois dans l'eau, des études plus anciennes ont montré que ce composé pouvait subir l'action de bactéries sulfuroréductrices. Il est alors transformer en méthyle de mercure, une molécule organique des plus toxiques. Le mercure peut dès lors entrer dans la chaîne alimentaire et s'accumuler dans les organismes appartenant aux différents niveaux trophiques.

Ainsi, le mercure rejeté dans l'atmosphère peut soit nous contaminer directement par inhalation, soit se retrouver dans notre alimentation après être passé dans la stratosphère. Le système est des plus vicieux car le retour du mercure dans les écosystèmes aquatiques peut prendre un certain temps et s'opérer à des milliers de kilomètres de la source de pollution.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi