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Réchauffement de la planète : Montréal face à une situation alarmante

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C'est sur un double constat que s'achève la première semaine de débats à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, qui se tient à Montréal jusqu'au 9 décembre. Suite directe des accords de Kyoto, elle rassemble pour la première fois les signataires de 1997, mais aussi et surtout les plus gros pollueurs du monde que sont la Chine, l'Inde et les Etats-Unis (qui rejettent le protocole). Montréal dresse un tableau alarmant de l'évolution climatique de notre planète : on y décrit une situation proprement catastrophique sur le plan scientifique, tout en montrant du doigt les politiques. Mais des solutions sont aussi esquissées.

Réchauffement de la planète : Montréal face à une situation alarmante

De nombreuses études ont été présentées, sur lesquelles nous reviendrons en détail dans nos prochaines éditions. Parmi les plus marquantes, le Hadley Centre for Climate Prediction and Research (Grande-Bretagne) établit que la force des courants dans l'océan arctique a augmenté significativement du fait des activités humaines. De son côté, la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration, USA) prévoit une diminution des pluies de 30 % en Afrique du Nord et sub-saharienne. L'augmentation des émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère risque en effet d'accroître la sécheresse au Sahel, alors que selon une étude surprenante du Centre National Océanographique anglais, les courants du Gulf Stream, qui faiblissent, pourraient aboutir... à refroidir l'Europe !

Tous les politiques, face à une situation dont aujourd'hui les scientifiques ne doutent plus de l'urgence, ne brillent pas par leur empressement. Selon un bilan chiffré présenté le 1er décembre par la Commission, l'Europe, signataire à Kyoto, pourrait tenir ses engagements sur la réduction des émissions, mais grâce au jeu combiné des crédits d'émissions obtenus à la fois par le financement de projets de réduction de gaz à effet de serre dans des pays en développement, et par l'adhésion récente de pays économiquement moins avancés.

Mais il y a tout de même lieu d'espérer, car le changement climatique est une préoccupation partagée désormais par tous, y compris les pays plus pauvres et les pays émergents, dont la puissance dans vingt ans en fera des acteurs décisifs. C'est d'ailleurs le thème central de la conférence de Montréal. Selon l'Agence internationale de l'énergie, la Chine émettrait en 2030 presque autant de gaz carbonique que les Etats-Unis !

Améliorer l'efficacité énergétique, changer les modes de production de l'électricité (largement fournie dans le monde par des centrales thermiques), développer les énergies nouvelles... Les solutions existent ou se profilent. Des expérimentations ont lieu, par exemple aux USA avec le programme FuturGen de centrale thermique à émission zéro, ou au Maroc avec l'électrification solaire des zones rurales.

Des options existent aussi dans les ressources « naturelles » de la biomasse et des biocarburants, ou dans celles purement technologiques, autour de l'hydrogène. Mais on le sait, leur succès réside essentiellement dans la volonté politique.

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