Les chiffres du changement climatique sont désastreux. Sans actions coordonnées et immédiates, l'avenir du vivant sera inévitablement compromis. © ivanoel, Fotolia

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Réchauffement climatique : quelques chiffres qui donnent à réfléchir

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Le climat change. Plus que des prédictions, c'est maintenant un constat. Le problème, c'est qu'il change vite, trop vite. Et qu'il ne laisse présager rien de bon pour le vivant sous toutes ses formes. Revenons sur quelques chiffres qui montrent l'ampleur du désastre climatique.

Plus une seule personne raisonnable ne nie les changements climatiques : augmentation de la température globale terrestre, effondrement de la biodiversité, extinctions d'espèces et morts massives d'individus composant les espèces survivantes, acidification des océans, catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes et exacerbées, etc. 

L'heure n'est donc plus à la prise de conscience mais aux actions. Sauf que les scientifiques, qui nous préviennent maintenant depuis des décennies, ont grandement sous-estimé un problème : la capacité médiocre d'une société à changer de mode de vie. Cela peut s'expliquer par plusieurs raisons : confort accru, infrastructures adéquates à la pérennisation dudit mode de vie, modèle économique faisant fi de l'écologie, etc.

Désormais de nouveaux obstacles antagonistes viennent s'y frotter. Seuls l'obscurantisme et l'idéologie les rassemblent. D'un côté, les climato-sceptiques, qui usent de rhétorique fallacieuse pour masquer le problème ou le rôle que joue l'Homme dans ce dernier. De l'autre, l'écologie radicale, adepte du marketing de la peur et d'un discours parfois digne des plus grands récits apocalyptiques. L'un comme l'autre font germer sophismes, biais de raisonnement et manipulations de l'opinion publique. L'heure est donc à la rationalisation. Mais là encore, nous aurons besoin de la sociologie et des sciences du comportement pour nous indiquer comment bien communiquer et comment bien transmettre l'information pour qu'elle soit comprise, acceptée et qu'elle s'ensuive d'actions réelles et pas d'une dépression généralisée comme le montre le phénomène d'éco-anxiété. 

L'ennemi public numéro 1 : le CO2 

34.874. C'est le nombre de milliards de tonnes (Mdt) de CO2 relâchées dans l'atmosphère entre 1900, où ce total s'élevait à 1.957 Mdt, et 2018, où il s'élève donc à 36.831 Mdt. Les plus mauvais élèves sont la Chine et les États-Unis avec 27 % et 15 % des émissions respectivement. Parmi ceux qui obtiennent tout juste la moyenne, on retrouve l'Union européenne avec 9 % des émissions. 

Augmentation des émissions de CO2 de 1900 à 2018. © Global Carbon Project

Mais si ce classement est valable pour le total des émissions, les États-Unis, la Russie, l'Arabie saoudite et le Canada déchantent lorsque l'on ramène cela par habitant, où ils sont tous les quatre en tête du classement. 

L'arbre qui masque la forêt : le développement des énergies renouvelables 

Si les énergies renouvelables se sont doucement développées de même que le nucléaire, cela masque l'ampleur de l'augmentation de l'utilisation des énergies fossiles. Et parfois, une image vaut mieux que mille mots. 

Augmentation de la part des renouvelables et des énergies fossiles dans le mix énergétique. © Global Carbon Project

Qui prend des mesures adéquates ?  

Les scientifiques ont mesuré si les actions de chaque État étaient compatibles avec les objectifs fixés. En tête de liste, ceux qui agissent pour une hausse de 1,5 à 2 degrés (en font partie l'Inde et quelques pays d'Afrique de l'Ouest). Ensuite, ceux qui suivent les cours mais qui n'en font pas assez, ce qui se traduit par une hausse de 2 à 3 degrés (en font partie l'Europe, l'Australie, le Canada et le nord de l'Amérique du Sud). Enfin, les cancres du fond de la classe : leur inaction se traduit par une hausse de 3 à 4 degrés (en font partie l'Afrique du Sud, le sud de l'Amérique du Sud, la Chine, ), voire plus de 4 degrés pour les plus médiocres (en font partie les États-Unis, l'Ukraine, la Russie, et l'Arabie saoudite). 

Actions des États pour l'objectif 1,5-2 degrés. © Global Carbon Project

Ce qui nous attend 

L'objectif de limiter le réchauffement à 1,5-2 degrés devient de plus en plus irréaliste à mesure que le temps passe, et que la situation ne semble pas s'améliorer. Si l'on spécule une augmentation de 3 degrés, pas moins de 8 milliards de personnes seront exposées à des chaleurs extrêmes, 4 milliards à un stress hydrique, 742 millions à un risque de pénurie d'énergie, 2 milliards seront confrontées à de grosses difficultés agricoles, et plus d'1 milliard à des dégradations majeures de leur lieu de vie. 

Que faire ?

Face à la plus grosse dissonance cognitive de notre société, il serait prétentieux de dire quoi faire à la fin d'un article qui dresse un bilan aussi catastrophique. Sans tomber dans une rhétorique de fin du monde, il faut aussi se garder de dire que tout va bien. Les deux rhétoriques antagonistes et ceux qui les propagent, et qui s'affrontent par médias interposés, sont peut-être les premiers responsables (avec les gouvernements) de l'inaction politique et de l'indifférence généralisée actuelle en matière de climat.

  • Plus que des prédictions, c'est aujourd'hui un constat : le climat change, il change vite, causé en grande partie par l'impact du mode de vie humain sur lui.
  • Les chiffres concernant les émissions de CO2, l'utilisation d'énergies fossiles et les actions entreprises par les gouvernements sont catastrophiques et pas en accord avec les objectifs fixés.
  • Le premier pas vers l'action serait peut-être d'arrêter les joutes et autres guerres rhétoriques, et peut-être à commencer à réfléchir ensemble à ce qu'il est possible de faire et comment pouvons-nous le faire.  
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